A Quito, une vaste opération militaire a été déclenchée jeudi après le déroulement des manifestations contre l'augmentation du prix du diesel en Équateur, en pleine grève nationale convoquée par la Confédération des nationalités indigènes (Conaie).
L'armée a déployé du personnel et des moyens dans la capitale, dans le but de garantir la sécurité et d'éviter les épisodes de violence et de destruction observés lors des mobilisations précédentes.
Dans la matinée, des dizaines de manifestants ont défilé dans différents quartiers de la ville.
Rapports officiels cités par La presse associée Ils ont indiqué qu'à la sortie nord de l'autoroute panaméricaine, des affrontements ont eu lieu entre manifestants et forces de police. La présence militaire et policière était importante, avec entre 4 500 et 5 000 soldats déployés, accompagnés de véhicules tactiques et de moyens aériens, axés sur le maintien du contrôle et la protection des biens publics et privés.
Les manifestations ont lieu dans le cadre d'une grève de quatre jours déclarée par la Conaie, qui rejette la suppression de la subvention de l'État au diesel. Cette mesure, annoncée le 13 septembre par le président Daniel Noboa, représente une réduction de 1,1 milliard $ et a fait augmenter le prix du gallon de 1,80 $ à 2,80 $, impactant le transport lourd, les passagers et le secteur agricole.
La décision de l'Exécutif a approfondi la confrontation avec les organisations indigènes et sociales, qui exigent l'abrogation de la mesure.
Les mobilisations coïncident avec le début d'une fête nationale, intensifiant l'incertitude sur l'évolution des événements.
La Conaie a élargi ses revendications : outre la restitution de la subvention du diesel, elle exige la réduction de la TVA de 15% à 12%, de meilleurs systèmes de santé et d'éducation et le rejet de la consultation populaire du président Noboa, qui évoque la possibilité d'installer une Assemblée constituante.

Pour les autorités, les manifestations ont pris un caractère politique ; En revanche, les manifestants dénoncent la répression et les arrestations, notamment à Otavalo, où une attaque contre un commissariat s'est terminée par l'incendie de véhicules et plusieurs personnes poursuivies pour terrorisme.
L’histoire des mobilisations indigènes en Équateur comprend des précédents tels que ceux de 2019 et 2022, lorsque des manifestations massives ont forcé l’annulation de l’augmentation des prix du carburant.
Les défis pour garantir l'ordre public et l'intégrité des autorités semblent dépasser le contrôle des manifestations, englobant également le fonctionnement interne des structures chargées de protéger les personnalités centrales de l'État.
Dans ce contexte, le gouvernement équatorien a ouvert une enquête pour clarifier d'éventuels manquements dans la protection du président Daniel Noboa, après que sa caravane ait été attaquée à Cañar alors qu'il se dirigeait d'El Tambo vers Cuenca, un épisode qui s'inscrit dans une série d'attaques similaires survenues ces dernières semaines.

La responsabilité de la sécurité présidentielle incombe à la Maison Militaire, dont le fonctionnement a été remis en question après cet incident, et l'affaire a généré une controverse publique en raison de l'arrestation et de la libération ultérieure de cinq personnes, ainsi que des accusations de Conaie concernant une prétendue criminalisation de la protestation sociale.