La Cour suprême fédérale (STF) du Brésil a accusé Eduardo Bolsonaro, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro, d'avoir prétendument tenté d'entraver l'enquête sur le coup d'État qui a conduit à la condamnation de son père à 27 ans de prison.
Ce vendredi, les juges de la première chambre du Tribunal suprême fédéral (STF) Alexandre de Moraes et Flávio Dino ont voté en faveur de l'autorisation de l'accusation. Dans le même temps, Cristiano Zanin a également voté pour, tandis que la décision de la ministre Cármen Lúcia reste en suspens.
La principale plainte soutient qu'Eduardo Bolsonaro est intervenu dans le procès judiciaire contre son père depuis les États-Unis, faisant pression sur les magistrats du STF.
Selon le juge d'instruction Alexandre de Moraes, le député a généré un climat d'intimidation à l'égard des autorités chargées de juger Jair Bolsonaro et aurait cherché à influencer des projets d'amnistie en faveur des personnes impliquées dans la tentative de coup d'État, comme en témoignent les archives judiciaires.
De Moraes, le premier juge de la Première Chambre du STF à statuer, a indiqué que les sanctions comprenaient des droits de douane sur les exportations brésiliennes, la révocation de visas pour les magistrats et les fonctionnaires, ainsi que des mesures personnelles qui l'ont touché, ainsi que son épouse.
Eduardo Bolsonaro réside depuis mars aux États-Unis, où il se définit comme « auto-exilé ». Il s'est vanté auprès de la presse de ses contacts au sein du Département d'État et de la Maison Blanche, affirmant avoir eu une influence directe sur les sanctions imposées au Brésil.
L'ancien président Jair Bolsonaro, leader de l'extrême droite, a été condamné le 11 septembre à 27 ans de prison pour avoir conspiré en vue d'empêcher l'investiture de Luiz Inácio Lula da Silva, après avoir été battu aux élections d'octobre 2022.
Les actions attribuées à Eduardo Bolsonaro incluent l'organisation de réunions avec des personnalités éminentes de l'extrême droite américaine et la promotion des Conférences d'action politique conservatrice (CPAC).

Ces activités lui ont permis de renforcer les liens internationaux dans le cadre de la campagne pour la libération de son père, parallèlement aux conflits judiciaires au Brésil et aux débats sur une éventuelle amnistie pour les participants au complot putschiste.
L'accusation insiste sur le fait que le comportement attribué à Eduardo Bolsonaro constitue un ensemble de pressions et de menaces visant à influencer la justice brésilienne, ainsi qu'à conditionner les enquêtes et les sanctions prévues contre l'accusé.

Son « auto-exil » aux États-Unis et son activisme international renforcent, selon les autorités, sa tentative délibérée d’ingérence depuis l’étranger dans les processus internes. Eduardo Bolsonaro risque jusqu'à quatre ans de prison.