La Première ministre de Trinité-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, a confirmé que le radar récemment installé par les Marines américains dans l'archipel fait partie d'une stratégie visant à « aider à détecter les activités d'évasion des sanctions liées au pétrole brut vénézuélien et aux trafiquants qui ont livré des stupéfiants, des armes à feu, des munitions et des migrants dans notre pays en provenance du Venezuela ».
Persad-Bissessar, qui se reconnaît comme « une fidèle fidèle du président américain Donald Trump », a souligné que « les équipements les plus récents améliorent les capacités de surveillance et ajoutent une couche de protection plus élevée qui n’était pas disponible auparavant ».
Le radar a été installé dans un nouvel aéroport, peu après la réception de l'USS Gravely et au milieu de manœuvres conjointes avec les États-Unis qui ont duré jusqu'au 21 novembre.
Le président de Trinité-et-Tobago a ajouté que ces actions s'inscrivent dans le contexte de l'embargo pétrolier imposé par Trump au Venezuela en 2019 et des sanctions ultérieures appliquées au cours de son mandat. Le régime chaviste de Caracas a, pour sa part, qualifié de provocation ces manœuvres chez son insulaire voisin.

L'installation du radar a suscité des interrogations de la part du Mouvement national populaire (PNM), parti d'opposition, dont les membres ont exigé plus de transparence sur l'opération.
En revanche, Persad-Bissessar a accusé le PNM d'« ignorer le trafic de drogue et d'êtres humains dirigé par le Venezuela » et a ajouté que « les questions soulevées par le PNM au sujet du radar nouvellement installé sont un effort désespéré pour forcer le gouvernement à divulguer des informations sensibles sur la sécurité nationale pour aider les financiers présumés de la mafia locale de la drogue et les collaborateurs criminels vénézuéliens du PNM à échapper à la surveillance.
Pennelope Beckles, chef de l'opposition à Trinité-et-Tobago, a demandé que toute preuve concrète soit remise directement à la police. La dictature vénézuélienne a accusé Persad-Bissessar de participer aux « projets des États-Unis visant à renverser le gouvernement de Nicolas Maduro », bien que le Premier ministre ait précisé que « Washington n’a jamais demandé à utiliser son pays pour attaquer le Venezuela ».
En parallèle, les forces américaines, dans le cadre de l’opération Southern Spear orchestrée par le Southern Command dans les Caraïbes, ont bombardé 20 navires depuis septembre dans les Caraïbes et le Pacifique, faisant 83 morts.
Entre le 16 et le 21 novembre, environ 350 membres de la 22e unité expéditionnaire des Marines des États-Unis ont mené des exercices conjoints avec la Force de défense de Trinité-et-Tobago. Les manœuvres visaient à améliorer l'interopérabilité et à renforcer les capacités de lutte contre la criminalité organisée dans la région.
Des spécialistes cités par les médias américains ont indiqué qu'il s'agit du plus grand déploiement militaire depuis des décennies, dont le but serait d'accroître la pression sur le régime de Nicolas Maduro. Les autorités trinidadiennes insistent quant à elles sur le fait que la coopération avec Washington se limite exclusivement à la lutte contre le trafic de drogue.
D’un autre côté, l’arrivée à Trinité-et-Tobago du chef d’état-major américain, Dan Caine, a ajouté de la tension au panorama politique et militaire dans les Caraïbes, surtout après la désignation officielle du Cartel des Soleils comme organisation terroriste étrangère par les États-Unis.
Après la visite du chef de l'état-major, le dictateur Nicolás Maduro a répondu lors d'une émission sur la chaîne publique VTV que le pays continuerait à résister à toute forme de pression. « Quoi qu'ils fassent, comment ils le font, où qu'ils le fassent, ils ne pourront pas vaincre le Venezuela. Nous sommes invincibles », a déclaré Maduro. Le chef du régime chaviste a dénoncé « les menaces, les guerres psychologiques, politiques (et) diplomatiques » et a souligné que la plus grande victoire sera la paix.