L'Espacio Público a dénoncé neuf violations de la liberté d'expression en novembre au Venezuela

Neuf violations de la liberté d'expression ont été documentées au Venezuela au cours du mois de novembre, selon l'organisation non gouvernementale Espacio Público. L'ONG a averti que la peur des représailles a entraîné une diminution du nombre de plaintes enregistrées, ce qui rend difficile la visibilité de la situation.

Selon le rapport, la majorité des personnes identifiées correspondent à des institutions étatiques et à des opérateurs de télécommunications privés, une tendance qui s'est poursuivie tout au long de l'année 2025.

Espacio Público a précisé que les neuf violations enregistrées en novembre étaient principalement liées à la censure et aux restrictions administratives. L'organisation a souligné que la peur des victimes de représailles a généré une diminution des informations faisant état d'arrestations arbitraires, de menaces et de fermetures de médias. Cette dynamique, selon l'ONG, limite la capacité de documenter l'ampleur réelle des attaques contre la liberté d'expression dans le pays.

L'Espacio Público a signalé neuf violations

Dans son rapport, l'ONG a identifié les institutions de l'État et les sociétés de télécommunications privées comme les principaux responsables de ces violations. Espacio Público a souligné que cette situation s'est répétée tout au long de l'année, consolidant une tendance au harcèlement et au contrôle de l'exercice de la liberté d'expression au Venezuela.

Parmi les cas emblématiques du mois, l'organisation a souligné la libération de deux étudiants de l'Université centrale du Venezuela et de trois documentaristes audiovisuels. Ces personnes avaient été arrêtées en octobre alors qu'elles enregistraient le matériel d'un documentaire à proximité de la prison de Tocorón, dans l'État d'Aragua.

Le rapport mentionne également la peine de 30 ans de prison prononcée contre le docteur Marggie Orozco par un tribunal de l'État de Táchira. Selon Espacio Público, Orozco a été condamnée pour avoir envoyé un audio via WhatsApp dans lequel elle critiquait le régime de Nicolás Maduro, aurait incité à participer aux élections du 28 juillet 2024 et exprimé son opinion sur la situation dans le pays.

Le médecin de 65 ans est détenu depuis le 5 août 2024 et réside dans le quartier Cristóbal Colón, de la municipalité d'Ayacucho, dans l'État de Táchira.

Conatel (Archives)

Un autre fait important relevé par l'ONG est la fermeture d'une station dans l'État de La Guaira, le 26 novembre, suite à un ordre de la Commission Nationale des Télécommunications (Conatel).

Espacio Público a rapporté que quatre responsables de l'agence se sont rendus dans les installations, ont rédigé un rapport de fermeture et ont confisqué le matériel de transmission, notamment la liaison, la console, les microphones et les émetteurs.

Dans son bilan annuel, Espacio Público a signalé un total de 201 violations de la liberté d'expression au Venezuela au cours de l'année 2025. L'organisation a réitéré que la majorité des responsables sont des institutions étatiques et des opérateurs de télécommunications privés, et que la peur de représailles a réduit le nombre de plaintes et de violations.

Le contexte d'intimidation et d'autocensure a rendu difficile le signalement des arrestations arbitraires, des menaces et des fermetures de médias, ce qui contribue à la persistance de la violation de la liberté d'expression dans le pays.