L'Assemblée nationale du Venezuela a approuvé à l'unanimité une loi qui abroge l'adhésion du pays au Statut de Rome, un traité qui fonde la compétence de la Cour pénale internationale (CPI).
La décision, prise à Caracas, a été justifiée par la prétendue inaction de la CPI face aux crimes commis en Palestine, ainsi que par la récente fermeture du bureau technique du tribunal international dans la capitale vénézuélienne, annoncée par le procureur adjoint Mame Mandiaye Niang en raison du manque de coopération du régime de Nicolas Maduro.
Cette règle a été promue par la majorité au pouvoir, qui domine le Parlement. Le chaviste Jorge Rodríguez a affirmé que cette mesure « démontre la dignité du peuple vénézuélien » et étend sa solidarité avec les Palestiniens, qu’il a décrits comme victimes du « génocide et des crimes contre l’humanité les plus horribles des 80 dernières années ».
Par ailleurs, il a qualifié la CPI d’institution « inutile et vassale », soumise aux intérêts étrangers et à « l’impérialisme nord-américain », et a dénoncé que la Cour ignore les « exécutions extrajudiciaires dans la mer des Caraïbes » attribuées aux forces américaines, ainsi que l’impact des sanctions et du blocus, politiques qui selon le régime auraient causé 40 000 morts, selon une étude citée en 2017.

À son tour, le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a indiqué qu'il continuerait à agir pour « faire prévaloir la vérité contre le colonialisme légal » et a qualifié de « honteuse » la réponse de la CPI aux crimes en Palestine, selon le rapport de Europe Presse.
La législation établit que le départ du Venezuela doit être formellement notifié au Secrétaire général des Nations Unies, commençant une période de 12 mois pour son entrée en vigueur, pendant laquelle le pays maintient ses obligations internationales. Le Venezuela a été constitué en 2000 sous Hugo Chávez et la CPI exerce sa compétence depuis le 1er juillet 2002, comme le rappelle AP.
La loi attend la promulgation de Maduro. Au cours du débat, Rodríguez a ajouté que « les juges de cet organe ne sont pas là pour rendre la justice ou défendre les droits », réitérant les arguments en faveur du désengagement.
Bien que l'Assemblée nationale ait procédé à une pause formelle, la CPI a confirmé que l'enquête sur les crimes contre l'humanité présumés commis lors de la répression des manifestations de 2017 se poursuivrait depuis La Haye.
Le processus de désengagement initié par le régime vénézuélien implique non seulement l’approbation législative, mais aussi les démarches diplomatiques requises par le traité international et nécessite la promulgation du dictateur Nicolas Maduro.