La Cour suprême a autorisé Jair Bolsonaro à se soumettre à un examen médical dans la cellule de la police fédérale

La Cour suprême du Brésil a autorisé Jair Bolsonaro, ancien président et actuellement détenu, à se soumettre à une échographie au siège de la police fédérale, où il purge sa peine après avoir été condamné à 27 ans de prison.

Le juge Alexandre de Moraes, chargé de la procédure au Tribunal suprême fédéral (STF), a donné son feu vert à l'utilisation d'un appareil à ultrasons portable directement dans la pièce où Bolsonaro est détenu, dans le but de diagnostiquer la présence éventuelle d'une hernie inguinale bilatérale et de définir la nécessité d'une intervention chirurgicale.

Cette décision intervient après que la défense de l'ancien président a demandé l'autorisation de le transférer à l'hôpital pour y subir une intervention chirurgicale, invoquant des problèmes de santé persistants.

De Moraes, pour justifier l'autorisation, a rappelé que les médecins préalablement autorisés peuvent se rendre à la préfecture de police pour soigner Bolsonaro, sans avoir besoin d'une notification supplémentaire, à condition de respecter les réglementations légales et judiciaires en vigueur.

Bolsonaro, 70 ans, a des conséquences sanitaires importantes. Aux épisodes périodiques de hoquet et au diagnostic d’un cancer de la peau à un stade précoce s’ajoutent les complications dues aux multiples chirurgies abdominales réalisées depuis qu’il a été poignardé en 2018 pendant la campagne électorale.

Le juge du tribunal

L'ancien président est détenu dans les locaux de la police fédérale depuis fin novembre, après avoir été arrêté pour avoir tenté de se soustraire à une décision de justice en coupant le bracelet électronique qu'il était censé porter à la cheville. Depuis lors, son équipe juridique et sa famille ont formellement demandé qu'il bénéficie du bénéfice de l'assignation à résidence humanitaire, alléguant que l'état de santé de Bolsonaro est incompatible avec la continuité dans un régime fermé.

L'ancien président brésilien doit purger au moins sept ans et demi dans un régime fermé avant de pouvoir bénéficier d'une réduction de peine, selon les calculs officiels de la Justice.

Un document du Tribunal d'exécutions criminelles de Brasilia, envoyé à la Cour suprême, détermine que Bolsonaro pourra demander le bénéfice d'une prison semi-ouverte à partir du 24 avril 2033. Si cette demande est approuvée, l'ancien président — qui aura alors 78 ans — pourra sortir pendant la journée pour travailler ou étudier, mais sera obligé de retourner en prison pour dormir.

La même résolution judiciaire indique que le condamné pourra demander une libération conditionnelle le 13 mars 2037, à l'approche de ses 82 ans, à condition qu'il respecte les restrictions et réponde aux exigences établies par le régime pénal brésilien.

Image d'archive de l'ancien

Le document judiciaire précise que Jair Bolsonaro a officiellement commencé à purger sa peine le 4 août, lorsque la Cour suprême a ordonné son assignation à résidence après avoir vérifié qu'il avait violé les mesures restrictives précédemment imposées. Selon la résolution, la date estimée pour l'achèvement complet de la peine est 2052.

Cependant, mercredi dernier, la Chambre des députés brésilienne a approuvé un projet de loi qui pourrait réduire considérablement la peine prononcée contre le leader du Parti libéral. Si l'initiative est approuvée au Sénat, l'ancien président pourrait voir sa peine réduite à un peu plus de deux ans.

La proposition a reçu le soutien de 291 députés, tandis que 148 ont voté contre et une seule abstention a été enregistrée. Le texte, qui bénéficierait également à d'autres personnes impliquées dans les événements de 2022, établit que les crimes de tentative d'abolition violente de l'État de droit démocratique et de coup d'État ne peuvent pas être cumulés, car ils sont considérés comme des figures criminelles similaires.

Ainsi, seule la peine la plus lourde serait appliquée : celle de coup d'État, qui prévoit jusqu'à 12 ans de prison et exclurait de cumuler les huit ans prévus par l'autre chef d'accusation.