L'Union européenne (UE) a exprimé vendredi son soutien au processus électoral au Honduras et au travail du Conseil national électoral (CNE), dans un scénario marqué par l'une des élections présidentielles les plus serrées de l'histoire récente.
Cette déclaration intervient alors que l'organisation s'apprête à examiner 2.773 procès-verbaux présentant des irrégularités, une étape qui pourrait faire pencher la balance entre les candidats du Parti national et du Parti libéral.
« Le peuple hondurien a voté pacifiquement et en grand nombre, réaffirmant son engagement en faveur de la démocratie », a déclaré un porte-parole de la haute représentante de l'UE pour la politique étrangère, Kaja Kallas, dans un communiqué.
La déclaration considère qu'il est essentiel de permettre le travail du corps électoral et demande à « tous les candidats d'attendre et de respecter le processus de recomptage ».
L'UE a souligné l'importance de ne pas exercer de pressions ou d'actions susceptibles d'entraver le travail des autorités responsables et a affirmé que « la volonté du peuple hondurien doit être respectée ».
Le Parti national, avec Nasry « Tito » Asfura comme porte-drapeau et publiquement soutenu par le président américain Donald Trump, est en tête du décompte avec 40,52 % des voix (1 298 835 bulletins), selon le dernier rapport du CNE.
Son rival direct, le candidat du Parti libéral Salvador Nasralla, cumule 39,48 %. Seulement 42.407 voix séparent les deux candidats, tandis que le candidat du parti Libre au pouvoir, Rixi Moncada, reste en troisième position avec 19,29% de soutien. Le scénario est marqué par un examen particulièrement lent, qui a laissé en suspens la proclamation officielle du vainqueur.
La lenteur et les « difficultés techniques » signalées par les conseillers ont exacerbé l'incertitude et suscité des soupçons sur le processus, surtout si l'on considère que le décompte final dépend de milliers de procès-verbaux irréguliers, ce qui, selon les analystes, pourrait totaliser plus de 500 000 votes non comptabilisés en toute transparence. Le pays a un passé d’élections controversées et maintient des institutions faibles, aggravées par des niveaux élevés de pauvreté, de migration et de méfiance à l’égard des autorités.
La mission d'observation électorale envoyée par l'Union européenne est restée au Honduras depuis le 30 novembre, surveillant l'évolution du décompte et le comportement des acteurs clés.
« Le CNE est le seul organe qui doit proclamer les résultats », a réitéré le bloc européen, soulignant la nécessité de préserver l'État de droit et l'autonomie des institutions.
Outre le président, les Honduriens se sont rendus aux urnes pour élire 298 maires, 128 députés au Congrès national et 20 députés au Parlement centraméricain. Le processus, qui a enregistré la participation d'environ trois millions d'électeurs sur 6,5 millions qualifiés, a été qualifié de pacifique malgré des incidents mineurs rapportés par les observateurs internationaux.
Le contexte politique s'est aggravé après le rejet explicite des données proposées par le CNE par Rixi Moncada, qui a accusé le gouvernement américain d'intervenir dans le processus et a appelé à des marches prévues dans les prochains jours. Libre, le parti auquel il appartient, est né après le coup d'État de 2009 contre le président de l'époque, Manuel Zelaya, époux de l'actuel président Xiomara Castro.
L'UE a souligné que, dans cette phase de dépouillement et de contestation sur les résultats, « il incombe aux partis politiques et aux autorités de s'abstenir de prendre des mesures qui entravent le travail institutionnel » et a prévu qu'elle continuera à suivre les déclarations du CNE et l'évolution des événements jusqu'à la clôture officielle du processus.