Divers syndicats du Venezuela ont dénoncé la détention illégale de plus de 180 travailleurs, dont 20 dirigeants syndicaux, dont le secrétaire général du plus grand syndicat du pays.
Les mouvements syndicaux, qui regroupent 33 syndicats, ont rendu publique leur plainte à Caracas et expliqué que de nombreux détenus restent sans information officielle sur leur sort, c'est pourquoi les cas sont qualifiés de disparition forcée.
Le cas le plus récent concerne José Elías Torres, arrêté par la police nationale bolivarienne le 29 novembre à son domicile de Caracas. Depuis, ses proches ne connaissent pas sa localisation exacte, selon des syndicats et des organisations de défense des droits humains, comme l'Observatoire vénézuélien de la liberté syndicale et l'ONG Foro Penal.

Lors de la conférence, Pedro Eusse, dirigeant syndical, a déclaré que la privation de liberté de Torres « n'est pas un événement isolé », mais fait partie d'une campagne plus large qui maintient les dirigeants syndicaux et les travailleurs en détention dans le cadre de procédures judiciaires, selon ses déclarations.
En outre, Eusse a attribué ces actions à une tentative de démanteler le mouvement syndical et de semer la peur, dans le but de briser l'organisation démocratique des travailleurs.

L'ONG Foro Penal a soutenu la plainte avec des dossiers actualisés qui indiquent l'existence de 889 personnes classées comme prisonniers politiques dans le pays.
Les entités syndicales ont indiqué que la répression touche particulièrement ceux qui exigent des améliorations dans l'emploi en raison de l'absence de salaires actualisés à partir de 2022, période au cours de laquelle la CTV a gagné en visibilité.
L'Observatoire vénézuélien de la liberté syndicale a fait état de la perquisition effectuée au domicile de José Elías Torres au moment de son arrestation.
Au Venezuela, diverses ONG avertissent que la criminalisation de l'activité syndicale et les arrestations irrégulières s'inscrivent dans une logique restrictive.
L'organisation Provea s'est exprimée sur les réseaux sociaux après l'arrestation de Torres, la décrivant comme une nouvelle attaque contre la liberté syndicale au Venezuela. L'entité a rappelé que plusieurs défenseurs des droits humains ont mis en garde contre une tendance aux arrestations arbitraires et aux disparitions forcées contre le mouvement syndical.
La situation actuelle a des précédents. En 2019, l'OIT a publié un rapport soulignant le non-respect par l'État vénézuélien de plusieurs traités internationaux, dont la convention sur la liberté d'association. Face à ce scénario, les représentants syndicaux ont annoncé qu'ils organiseraient une manifestation nationale le 15 janvier pour exiger l'autonomie syndicale et la libération de tous les membres du mouvement syndical emprisonnés.
À ces données, les groupes indépendants ont ajouté le rapport présenté par la Mission internationale indépendante d’enquête des Nations Unies.
Le document tient les responsables de la Garde nationale bolivarienne (GNB) responsables de crimes contre l'humanité entre 2014 et 2024, mettant en avant les détentions arbitraires, la torture, les traitements inhumains et les violences sexuelles lors d'opérations de répression sélectives et massives.