Au milieu du décompte spécial de 2.792 enregistrements incohérents au Honduras, le secrétaire d'État des États-Unis, Marco Rubio, a annoncé vendredi l'application de restrictions de visa aux responsables honduriens accusés d'ingérence présumée dans le décompte des votes lors de l'élection présidentielle du 30 novembre.
Les résultats du jour du scrutin n'ont pas encore été officiellement publiés. Dans un communiqué, le Département d'État a indiqué que le visa de Mario Morazán, magistrat du Tribunal de justice électorale (CJCE), avait été révoqué pour « avoir entravé le décompte des voix dans le processus électoral démocratique du Honduras ».
Par ailleurs, le portefeuille en charge de Rubio a signalé que la demande de visa présentée par l'homme politique et conseiller du Conseil National Électoral (CNE), Marlon Ochoa, avait été rejetée. En parallèle, le document indique que des procédures ont été engagées pour restreindre l'entrée d'une autre personne liée au même processus.
Le président du Congrès national, Luis Redondo, s'est également vu retirer son visa, selon le service des douanes et de la protection des frontières (CBP) des États-Unis.
Ces mesures sont protégées par les dispositions de la loi américaine sur l'immigration et la nationalité, qui permet d'opposer son veto à l'entrée de ceux qui « mènent des activités qui pourraient avoir de graves conséquences négatives pour la politique étrangère américaine ».
Rubio a souligné que « les États-Unis ne toléreront pas les actions qui compromettent notre sécurité nationale ou la stabilité de notre région », et a indiqué que l'administration évaluera « toutes les mesures appropriées pour dissuader ceux qui entravent le décompte des voix au Honduras ».

« Les voix de 3,4 millions de Honduriens doivent être respectées et entendues », a-t-il ajouté dans sa publication dans xdans lequel il a publié la déclaration.
L'annonce des États-Unis intervient un jour après que la CNE a commencé l'examen spécial des 2.792 procès-verbaux avec des incohérences sur fond de tensions croissantes et d'allégations de fraude, plus de vingt jours avant les élections.
Avec 99,80% des votes dépouillés, les données publiées par le CNE placent le candidat Nasry Asfura (Parti national) en tête avec 40,54% des voix, suivi de Salvador Nasralla (Parti libéral) avec 39,20%.
Le dépouillement a lieu au Centre de logistique électorale de l'Institut national de formation professionnelle (Infop) de Tegucigalpa, sous l'observation des délégués nationaux et internationaux.
Les autorités américaines ont également exhorté jeudi dernier le CNE du Honduras à lancer immédiatement l'examen spécial visant à déterminer le résultat des élections présidentielles, au milieu d'une crise croissante due au manque de clarté sur le vainqueur, plus de deux semaines après les élections.
Le Bureau des affaires de l'hémisphère occidental du Département d'État a souligné que le CNE devait « lancer le recomptage spécial des voix pour les élections présidentielles de novembre » afin de désamorcer les allégations de fraude et d'apporter une certitude aux citoyens. Le communiqué prévient également que « tout appel visant à troubler l’ordre public ou le travail du CNE aura des conséquences ».

D'autre part, la Mission d'observation électorale de l'OEA (MOE/OEA) au Honduras a exhorté ce mercredi tous les acteurs politiques à « éviter les affrontements » et à participer institutionnellement au décompte spécial des procès-verbaux comportant des incohérences.
Dans un message diffusé sur
Le recomptage spécial, que le Conseil national électoral (CNE) avait prévu pour le 13 décembre, a dû faire face à de multiples reports en raison de problèmes administratifs, du manque d'accréditations des partis et d'obstacles technologiques.
Dans ce contexte, l'OEA a réitéré son appel aux partis, aux autorités et aux forces de sécurité à « protéger le matériel électoral, le soutien et la représentation de la volonté populaire » exprimée lors des élections générales du 30 novembre.
L'organisation a averti que garantir « la sécurité dans les bureaux et les processus de vote » relève de la responsabilité du gouvernement et a averti que tout échec dans ce domaine pourrait affecter directement l'intégrité du processus électoral et du système démocratique hondurien.
Cette déclaration intervient peu après que la présidente du CNE, Ana Paola Hall, a demandé publiquement la présence renforcée des Forces armées et de la Police nationale à l'Institut national de formation professionnelle (Infop), le centre où est stocké le matériel électoral, en raison de la mobilisation des partisans du parti Libre au pouvoir.