La réunion des ministres des Affaires étrangères du Mercosur, tenue à Foz de Iguazú, au Brésil, a montré ce vendredi que le bloc sud-américain ne signera pas l'accord de libre-échange attendu avec l'Union européenne tant que les pays européens n'auront pas résolu leurs différends internes.
Les délégations de l'Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay avaient organisé une cérémonie formelle pour la signature du traité, prévue ce samedi, mais ont reçu une notification de la Commission européenne sur l'impossibilité d'avancer en raison du manque de consensus entre les États membres comme la France et l'Italie.
Selon Actualités européennesla présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé de déplacer la cérémonie début janvier, en attendant de nouvelles négociations qui permettraient de résoudre les divergences persistantes.
Les gouvernements brésilien et uruguayen ont exprimé leur frustration, même s'ils restent optimistes quant à l'orientation des discussions.
Le vice-président et ministre du Développement, de l'Industrie et du Commerce du Brésil, Geraldo Alckmin, a exprimé son optimisme quant au fait que le retard sera bref et que l'accord sera finalisé « le plus rapidement possible », car il représente une priorité pour le bloc et pour les intérêts multilatéraux.
Le ministre des Affaires étrangères de l'Uruguay, Mario Lubetkin, a exprimé sa « déception » face au manque de consensus au sein de l'Union européenne et a souligné que son pays attend toujours que le bloc européen achève les procédures pour que la présidence intérimaire du Mercosur, dirigée par le Paraguay, puisse définir la feuille de route.
Le La Commission européenne avait déjà indiqué qu'après la dernière réunion des dirigeants, elle avait besoin de plus de temps pour convaincre les États membres réticents, et on suppose que la nouvelle date provisoire serait le 12 janvier au Paraguay.
L'objectif initial des délégations sud-américaines était de mettre fin à 26 ans de négociations avec la formalisation de l'accord cette semaine, mais le report a modifié les plans et nécessite de maintenir le dialogue ouvert.
Parmi les principaux obstacles européens figure l’exigence de plus grandes garanties pour les secteurs agricoles de l’Union européenne. Dans ce contexte, des milliers d'agriculteurs ont manifesté à Bruxelles lors du sommet, mobilisant 1.000 tracteurs et générant des moments de tension avec la police.
En outre, ils craignent qu'une éventuelle entrée de produits moins chers en provenance du Mercosur, notamment le bœuf, le sucre, le riz, le miel et le soja, avec des réglementations moins strictes, n'affecte leurs revenus. Certains manifestants ont lancé des pommes de terre et d'autres objets sur les forces de sécurité, qui ont répondu avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau, a rapporté France 24.
La plus grande résistance vient de France, dont le gouvernement exige des clauses de sauvegarde plus rigoureuses et une réciprocité en matière de normes environnementales et sanitaires ; En Italie, la Première ministre Giorgia Meloni a exigé de nouvelles garanties pour les producteurs locaux.
Meloni a fait part de son inquiétude au président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva et a demandé de reporter la signature d'au moins un mois. Lula a annoncé qu'il présenterait la demande aux autres chefs d'État du bloc lors du sommet, comme l'ont rapporté les agences susmentionnées.

En réponse, la Commission européenne a approuvé des clauses qui permettent de limiter les importations et de réguler le marché si les produits du Mercosur dépassent les volumes stipulés ou ont des prix considérablement inférieurs à leurs équivalents européens.
Ces mesures visent à apaiser les exigences françaises et italiennes, tandis que le ministre paraguayen des Affaires étrangères, Rubén Ramírez Lezcano, a averti que tout ajustement doit respecter ce qui a été convenu en décembre 2024 et les mécanismes multilatéraux antérieurs.
Selon certaines spéculations, des pays comme la Pologne et la Hongrie se seraient opposés au texte, l'Autriche et la Belgique auraient annoncé leur abstention en cas de vote et l'Irlande aurait exprimé ses inquiétudes pour ses agriculteurs.
D’un autre côté, l’Allemagne, l’Espagne et les pays nordiques soutiennent une ratification rapide de l’ouverture des marchés en Amérique latine, compte tenu du durcissement des tarifs douaniers aux États-Unis sous le mandat actuel du président Donald Trump.

L'accord vise à créer la plus grande zone de libre-échange au monde, en éliminant progressivement les droits de douane sur les produits industriels et agricoles, et en facilitant l'expansion des exportations européennes et l'accès des produits latino-américains au marché européen.