Les États-Unis ont nommé la diplomate Laura F. Dogu chargée d'affaires du Bureau des affaires extérieures du Venezuela, une décision qui marque la reprise progressive des relations avec Caracas après des années de rupture diplomatique et une crise interne sans précédent.
La nomination de Dogu intervient à un moment clé, alors que la direction de Delcy Rodríguez est sous surveillance internationale et dans un contexte de changements dans le paysage politique vénézuélien suite à la capture et à l'extradition de Nicolas Maduro vers les États-Unis.
Laura F. Dogu est une agente de carrière du service extérieur américain possédant une vaste expérience dans la région et dans les questions de sécurité internationale.
Avant de relever ce nouveau défi, Dogu a été ambassadeur au Honduras et au Nicaragua, ainsi que conseiller en politique étrangère du président de l'état-major interarmées des États-Unis, le général Dan Caine.
Il a également joué un rôle clé à l'ambassade des États-Unis au Mexique et dans les opérations de récupération des otages du FBI.
Dogu, qui parle couramment l'espagnol, le turc et l'arabe, a été récompensé par des prix, notamment le Barbara M. Watson pour l'excellence consulaire et deux prix de mérite présidentiels.
Le diplomate remplacera John McNamara, qui continuera à diriger la représentation américaine en Colombie.
L'arrivée de Dogu intervient alors que le régime vénézuélien tente de projeter une image d'ouverture envers les États-Unis, dans un contexte de pression en faveur d'accords énergétiques et de libération de prisonniers politiques.
Le nouveau chargé d'affaires sera chargé de diriger la réouverture de la mission diplomatique dans un pays où le personnel américain a été retiré en 2019, après la rupture des relations favorisée par le précédent régime chaviste.

Selon des sources diplomatiques, Dogu dirigera les négociations bilatérales aux côtés du secrétaire d'État Marco Rubio et de l'envoyé spécial Steve Witkoff, qui rapportera directement à la Maison Blanche.
Le contexte au Venezuela reste incertain. Delcy Rodríguez a tenté de réorganiser le cabinet et de promouvoir les accords pétroliers, mais son administration est marquée par des plaintes pour opacité, répression et manque de garanties démocratiques. L'ONG Foro Penal rapporte que, malgré les récentes annonces de libérations, au 19 janvier, seules 143 libérations ont été vérifiées et 777 prisonniers politiques restent dans le pays.
La diplomatie américaine considère qu'il est stratégique de rétablir sa présence à Caracas pour suivre l'évolution politique et défendre les intérêts des citoyens et des entreprises américains dans la région. Dans son discours à Davos, le président Donald Trump a insisté sur le fait que la nouvelle étape avec le Venezuela implique « un travail et un dialogue sans crainte de divergences », bien qu’il ait évité de faire directement référence à l’invitation imminente de Rodríguez à se rendre à Washington.
De son côté, la société civile vénézuélienne et des organisations comme l'Association des journalistes vénézuéliens à l'étranger (Apevex) insistent sur la nécessité d'éliminer la persécution et la censure contre les journalistes et les travailleurs de la communication. L'exigence de justice et de garanties minimales de liberté de la presse s'ajoute à l'agenda des revendications que la nouvelle chef de mission américaine devra aborder dans son administration.
Le diplomate relève le défi de rétablir le dialogue dans un contexte de méfiance et de tension, avec un regard tourné vers la défense des droits de l'homme et la recherche de la stabilité politique au Venezuela.