Le dernier rapport d'Acción Ciudadana révèle que 10 % des délits signalés au Salvador aboutissent à une condamnation, un chiffre qui, selon l'organisation, révèle la persistance de l'impunité malgré l'augmentation des ressources du Bureau du Procureur général (FGR).
Ce constat, basé sur le rapport de travail du FGR correspondant à la période juin 2024 – mai 2025, soulève des doutes sur l'efficacité du système et sur l'impact de la politique budgétaire.
Parmi les aspects mis en évidence par le suivi, Action Citoyenne souligne que l'impunité reste à 90%, malgré le fait que le Parquet a obtenu une injection budgétaire en 2024 pour renforcer son corps fiscal, ce qui a permis de nouvelles embauches. Malgré cela, l'allocation pour 2025 s'élève à 88 millions de dollars, ce qui représente une baisse de 38% par rapport à l'année précédente, attribuée à l'achèvement des travaux du siège. Le Bureau du Procureur a reconnu que son véritable besoin opérationnel était de 153 millions de dollars, ce qui laisse un déficit de 65 millions de dollars.
Le rapport souligne un autre problème : la réserve d'informations sur la main-d'œuvre et sa répartition géographique, qui persiste malgré les appels à un audit public et limite la transparence sur la capacité de réponse institutionnelle. Le Monitoring estime qu’il y a quelque 853 procureurs adjoints, chacun avec une moyenne de 108 affaires assignées au cours de la période 2024-2025 – un chiffre inférieur au cycle précédent – ce qui équivaut à recevoir une nouvelle affaire tous les trois jours.

L'efficacité pénale est au centre de l'analyse. Selon le rapport institutionnel cité par Acción Ciudadana, entre 2020 et 2025, le Bureau du Procureur général de la République a initié 440 706 dossiers, dont seulement 32 % (136 906) ont été portés devant les tribunaux et 68 % n'ont jamais accédé au siège judiciaire. Sur les 101 019 affaires clôturées au cours de cette période, 58 % ont été clôturées grâce à des sorties alternatives (mécanismes de résiliation anticipée), tandis que 42 % ont abouti à des condamnations.
En reliant les dossiers judiciaires aux condamnations, l'efficacité a varié entre 24% et 36% au cours des cinq dernières années, atteignant son maximum à 34% dans la période la plus récente. Si la comparaison est faite par rapport au nombre total de dossiers initiés, le meilleur taux était de 11 % en 2024-2025, et la moyenne sur la période quinquennale était de 10 %.
Le rapport souligne également que la vision doit être élargie à l'univers du crime. Citizen Action prévient elle-même que « l’évaluation de l’efficacité doit prendre en compte l’ensemble des crimes et pas seulement les succès dans des cas individuels ».
L’analyse de l’organisation révèle des tendances à l’opacité institutionnelle, en particulier avec le secret généralisé sur les données sur les ressources et le personnel. Il souligne que les réformes juridiques de 2025 permettent au parquet de prolonger les enquêtes jusqu'à trois ans dans les affaires liées au crime organisé et mentionne que la détention provisoire sous le régime d'exception a eu pour résultat que « la détention préventive est devenue une peine anticipée ».
Enfin, le suivi mentionne une judiciarisation sélective croissante et le recours au parquet dans des dossiers contre des défenseurs des droits humains ou des voix critiques.