L'Équateur et la Colombie ont ouvert une voie diplomatique pour mettre fin à l'escalade des droits de douane

L’Équateur et la Colombie ont commencé à explorer une solution diplomatique pour contenir l’escalade commerciale déclenchée par la décision du président équatorien Daniel Noboa d’imposer une « taxe de sécurité » de 30 % sur les importations en provenance de Colombie, annoncée pour entrer en vigueur le 1er février. À Bogotá, le ministère colombien des Affaires étrangères a formalisé son rejet par une note verbale et a proposé d’installer une table binationale de haut niveau à la frontière, tandis que le ministère équatorien des Affaires étrangères a laissé ouverte la possibilité d’une nomination, mais à une date différente non encore confirmée.

Selon la note diplomatique colombienne datée de Bogota le 21 janvier 2026, le ministère colombien des Affaires étrangères a soutenu que la mesure équatorienne est unilatérale et « contraire » au cadre réglementaire de la Communauté andine (CAN).

Dans ce document, la Colombie a rappelé que les deux pays, selon leur position, maintiennent une coopération « étroite et historique » contre le crime organisé et a mentionné les actions adoptées dans le cadre du Plan d'action résolu associé aux décisions andines, comme argument pour fausser la justification sécuritaire avancée par Quito. Le ministère colombien des Affaires étrangères a également averti qu'une taxe de cette nature serait incompatible avec les obligations assumées dans les mécanismes d'intégration régionale et avec le principe de libre-échange intracommunautaire qui régit la CAN.

Avec ce message, le secrétaire

Dans ce même échange formel, la Colombie a proposé « d'avancer une réunion, au niveau ministériel », entre les ministres des Affaires étrangères, de la Défense, du Commerce et de l'Énergie des deux pays, le dimanche 25 janvier, dans la municipalité d'Ipiales, dans le département de Nariño, avec heure et lieu à confirmer. L’objectif explicite, selon la note, serait de parvenir à une « résolution à l’amiable » et d’empêcher la consolidation des représailles commerciales.

La recherche d’un rendez-vous s’accompagne d’une escalade rapide. La Colombie a annoncé la suspension de la vente d'électricité à l'Équateur et a ensuite avancé l'imposition d'un droit de douane de 30 % sur un groupe de produits équatoriens en réponse à la décision de Quito. A la frontière, l'annonce de taxes bilatérales a déclenché une course logistique pour acheminer les marchandises avant la date d'entrée en vigueur, avec des embouteillages aux postes frontaliers et des coûts de transport plus élevés, selon les informations de la région.

Dans ce scénario, la Communauté andine est intervenue en appelant publiquement au confinement. Dans une déclaration du secrétaire général de la CAN, Gonzalo Gutiérrez Reinel, datée à Lima le 22 janvier 2026 (capture d'écran ci-jointe), l'organisation a indiqué avoir envoyé des communications aux présidents des deux pays demandant le report des mesures annoncées et offrant son soutien à un « dialogue étroit » qui permette de traiter les préoccupations des deux parties, soulignant l'intégration régionale comme un axe pour protéger le bien-être des citoyens andins. Les médias équatoriens ont également fait état de cette demande de report et de la volonté du bloc de faciliter le rapprochement.

La chancelière de l'Équateur, Gabriela

Bien que la Colombie ait proposé une date précise pour la réunion d'Ipiales, la réponse équatorienne ne s'est pas immédiatement alignée sur ce calendrier. Depuis Davos, la chancelière Gabriela Sommerfeld a indiqué que la réunion pourrait avoir lieu plutôt la semaine suivant la date proposée par Bogotá.

Ce qui se passera dans les prochains jours sera décisif sur deux fronts : le commercial, en raison de l’impact direct sur les chaînes d’approvisionnement, les transports et les prix ; et le politico-diplomatique, en raison du précédent qu'un différend tarifaire entre les partenaires de la CAN pourrait créer. Avec la proposition colombienne déjà formulée par la voie diplomatique et avec la demande formelle de la CAN de reporter les mesures, le prochain mouvement dépendra de la confirmation par Quito de la date, de la délégation et de l'ordre du jour, et de l'acceptation par les deux gouvernements d'un mécanisme temporaire qui éviterait de nouvelles représailles pendant que la table binationale est mise en place pour sortir de l'impasse.