Le scandale Banco Master s'amplifie et touche la Cour suprême du Brésil : la police a exécuté des mandats de perquisition

Ce vendredi, la police fédérale du Brésil a exécuté des mandats de perquisition et de saisie contre le fonds de pension de l'État de Rio de Janeiro, dans le cadre de l'enquête sur la faillite de Banco Master, une entité financière liquidée en novembre par la Banque centrale.

Comme le rapporte l'agence de presse Reutersl'opération vise à clarifier la destination d'environ 970 millions de reais (183,56 millions de dollars) en instruments financiers émis par l'institution.

L’affaire a acquis une visibilité nationale et a impliqué les plus hauts niveaux du pouvoir judiciaire. Le Tribunal fédéral a publié deux déclarations en faveur du juge José Antônio Dias Toffoli, qui a repris l'enquête après l'intervention de Banco Master.

Le juge est scruté par la presse pour ses relations antérieures avec des personnalités du secteur bancaire, notamment avec Daniel Vorcaro, ancien directeur de la banque et actuellement assigné à résidence.

L'opération vise à clarifier la

Selon le ministre brésilien des Finances, Fernando Haddad, la fraude faisant l'objet d'une enquête atteint une ampleur sans précédent dans le système financier brésilien. « Il s’agit peut-être de la plus grande fraude bancaire de l’histoire du Brésil », a-t-il déclaré.

Les autorités enquêtent sur l'émission de faux crédits pour un montant total de 12 milliards de reais (2,270 millions de dollars).

L'opération policière de ce vendredi, baptisée « Paper Boat », selon les informations G1notamment des perquisitions dans des bureaux et des résidences liées à l'affaire de Rio de Janeiro.

Ces actions s'inscrivent dans le cadre d'une enquête sur la gestion et le possible détournement de fonds provenant de lettres financières émises par la banque privée, bien que la police n'ait pas mentionné publiquement les objectifs de l'opération.

L'opération policière de ce

L'intervention judiciaire se déroule sous le secret sommaire, une décision adoptée par Toffoli en soulignant la présence d'autorités disposant d'un forum privilégié, c'est pourquoi le dossier est traité devant la Cour suprême et non devant la justice ordinaire. Cette mesure a suscité des soupçons dans les médias locaux, qui ont également publié des informations sur de prétendus liens indirects du magistrat avec l'entourage de Banco Master.

Parmi les faits révélés par la presse figure la vente en 2021 d'un complexe hôtelier de luxe, le Tayayá Aqua Resort, propriété de la famille Toffoli, au beau-frère de Vorcaro, Fabiano Zettel, pour environ 6,6 millions de reais (environ 1,2 million de dollars). Malgré la transaction, le magistrat a continué à fréquenter le complexe, où il réside, selon des données publiques citées par la presse et confirmées par les relevés de voyages officiels.

Une autre information qui a suscité des interrogations fait état d'un voyage effectué en avion privé avec l'un des avocats de Banco Master, peu avant que Toffoli ne se charge du dossier, à destination de Lima pour assister à la finale de la Copa Libertadores. La Cour suprême a défendu la gestion de son magistrat et rappelé que la police judiciaire agit pour protéger les juges, qui ont fait l'objet de menaces.

La police brésilienne exécutée

L'affaire implique d'autres membres de la Cour suprême, comme Alexandre de Moraes, rapporteur du processus qui a conduit à la condamnation de l'ancien président Jair Bolsonaro pour tentative de coup d'État. Selon la presse locale, le cabinet d'avocats de Viviane Barci de Moraes, l'épouse de Moraes, a signé un contrat de 129 millions de reais (environ 25 millions de dollars) avec Banco Master en 2024.

L'impact de la liquidation de la banque s'étend également au secteur public. Une partie du portefeuille de crédit de Banco Master a été acquise par Banco de Brasilia (BRB), une entité contrôlée par le gouvernement du District fédéral, qui pourrait subir des pertes d'un million de dollars.

La Cour des comptes a ordonné un réexamen de la procédure de liquidation, tandis que la Banque centrale du Brésil a nié avoir joué un rôle d'intermédiaire dans la vente des actifs à la BRB.

L'évolution du dossier et les questions sur la transparence des opérations maintiennent l'attention sur l'avenir des fonds publics concernés et sur la responsabilité des différents acteurs identifiés dans l'enquête.