L'Équateur a étendu la vaccination contre le VPH aux personnes vivant avec le VIH comme mesure de prévention du cancer

La vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) chez les personnes vivant avec le VIH/SIDA est devenue une priorité sanitaire dans différents pays en raison du risque accru de développer des infections persistantes et des cancers associés. Dans ce contexte, le ministère de la Santé publique de l'Équateur a élargi la population cible de sa stratégie de vaccination contre le VPH pour inclure les personnes vivant avec le VIH entre 15 et 45 ans, liées aux unités de soins complets, avec un accent initial sur Guayaquil.

La décision s'appuie sur des preuves scientifiques accumulées au cours de la dernière décennie. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le VPH est l'infection sexuellement transmissible la plus répandue dans le monde : on estime que la majorité des personnes sexuellement actives seront infectées par au moins un type de VPH au cours de leur vie. Bien que dans de nombreux cas, le virus disparaisse spontanément, chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli, comme celles vivant avec le VIH, l'infection a tendance à persister plus longtemps et à évoluer plus fréquemment vers des lésions précancéreuses et un cancer.

Les données de l’OMS indiquent que le cancer du col de l’utérus, causé presque entièrement par des infections persistantes à haut risque par le VPH, a causé environ 660 000 nouveaux cas et plus de 350 000 décès dans le monde en 2022. Le fardeau de la maladie est disproportionnellement élevé dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où l’accès au dépistage et à la vaccination a toujours été limité. Chez les personnes vivant avec le VIH, le risque de développer un cancer du col de l'utérus peut être jusqu'à six fois plus élevé que dans la population générale, selon les estimations de l'organisation internationale.

Le gouvernement intégré au plan

La stratégie mise en œuvre en Équateur envisage l'administration d'un schéma complet de trois doses pour ceux qui commencent la vaccination avant l'âge de 46 ans, conformément aux réglementations sanitaires en vigueur. Cette approche est conforme aux recommandations internationales pour les populations immunodéprimées, qui nécessitent des régimes plus robustes pour obtenir une réponse immunitaire adéquate. La vaccination protège non seulement contre le cancer du col de l'utérus, mais réduit également le risque d'autres cancers associés au VPH, comme ceux de l'anus, du pénis, de la vulve, du vagin, de l'oropharynx et de la région périanale.

L'OMS a souligné que la vaccination contre le VPH est l'une des interventions les plus rentables en matière de santé publique. Des études mondiales montrent que des programmes de vaccination soutenus peuvent réduire jusqu’à 90 % l’incidence des infections par les types de VPH inclus dans le vaccin, à condition d’atteindre une couverture élevée et de maintenir un suivi clinique. Chez les personnes vivant avec le VIH, la vaccination est considérée comme un outil complémentaire – et non un substitut – au suivi médical régulier, au traitement antirétroviral et aux tests de détection précoce.

La stratégie mise en œuvre en Equateur

Dans le cas équatorien, l'expansion de la vaccination s'articule avec des actions de promotion et de prévention développées à l'hôpital d'infectologie « Dr José Daniel Rodríguez Maridueña », l'un des principaux centres de soins spécialisés pour les personnes vivant avec le VIH dans le pays. Les autorités sanitaires ont indiqué que l'objectif est de renforcer une réponse globale aux infections sexuellement transmissibles, de réduire l'incidence des cancers évitables et d'améliorer la qualité de vie d'une population historiquement exposée aux barrières d'accès et à la stigmatisation.

Au niveau international, cette initiative s'inscrit dans la stratégie mondiale de l'OMS visant à éliminer le cancer du col de l'utérus en tant que problème de santé publique, qui fixe trois objectifs d'ici 2030 : vacciner 90 % des filles avant l'âge de 15 ans, dépister 70 % des femmes au moins deux fois dans leur vie et traiter 90 % des personnes atteintes de lésions précancéreuses ou de cancer invasif. Bien que la stratégie mondiale se concentre principalement sur les filles et les adolescentes, l’OMS reconnaît la nécessité d’adapter les politiques nationales aux groupes les plus à risque, comme les personnes vivant avec le VIH.