Le président de l'Équateur a présenté une stratégie contre le crime organisé

Le Président Daniel Noboa a présenté dans un message à la nation, diffusé à la télévision nationale, la feuille de route du Gouvernement pour lutter contre le crime organisé, l'insécurité et la corruption. La vidéo combinait des annonces d’investissement, des changements institutionnels et l’accent mis sur l’utilisation de la technologie et les poursuites financières contre la criminalité. Le plan a été présenté comme une stratégie globale qui articule l'Unité d'Analyse Financière et Economique (UAFE), les systèmes de renseignement, la Police Nationale et les Forces Armées, dans le but de récupérer le contrôle territorial et d'affaiblir les sources de financement des économies criminelles.

Au cours de son discours, le Président a soutenu que la réponse de l'État ne se limite pas au déploiement de la force, mais inclut également la lutte contre les « sponsors politiques » des organisations criminelles. Le discours officiel affirme que le phénomène de la violence n’est ni isolé ni récent, mais plutôt le résultat de structures criminelles qui se sont consolidées sous les administrations précédentes et qui nécessitent aujourd’hui une réponse coordonnée et soutenue dans le temps. Cette lecture s'inscrit dans un contexte marqué par des niveaux élevés de violence meurtrière et de crimes à fort impact, tels que l'extorsion et les enlèvements, qui ont poussé l'Exécutif à accélérer les décisions sécuritaires.

L’un des axes centraux de l’annonce était l’investissement public dans les capacités opérationnelles. Le ministre de la Défense, Giancarlo Loffredo, a annoncé qu'en 2026, 11 projets stratégiques seront exécutés avec un investissement de 180 millions de dollars, visant à l'acquisition d'hélicoptères bimoteurs, d'un navire logistique polyvalent, d'un système radar 3D, de scanners et de drones pour le contrôle des frontières. A cela s’ajoute la modernisation des systèmes de renseignement tactique pour la prévention des attaques et la protection des infrastructures stratégiques. Le gouvernement soutient que ces achats visent à combler les écarts historiques en matière de mobilité et de couverture, en particulier dans les zones difficiles d'accès.

Des soldats équatoriens arrivent au

En parallèle, le ministère de l'Intérieur, John Reimberg, a annoncé l'incorporation de technologies médico-légales et d'identification telles que IBIS et AFIS, utilisées pour le suivi balistique et la vérification biométrique. Selon l'autorité, ces outils amélioreront la clarification des crimes et réduiront l'impunité. Un renforcement des contrôles d'immigration a également été signalé grâce à l'information préalable des passagers, une mesure visant à détecter les risques avant d'entrer dans le pays et affectant les finances des groupes criminels organisés qui opèrent à l'échelle transnationale.

Le plan comprend des ajustements institutionnels. L'Unité nationale de lutte contre les enlèvements et extorsions (UNASE) commencera à fonctionner comme un organisme autonome, doté d'un budget et d'une capacité opérationnelle plus importants pour faire face aux crimes qui, selon les rapports officiels, ont augmenté en fréquence et en complexité. Dans le domaine pénitentiaire, l'Exécutif a réitéré son projet de consolider un système pénitentiaire de haute sécurité, avec le Cárcel del Encuentro et la construction d'un nouveau centre pouvant accueillir 15 000 personnes privées de liberté sur une période estimée de 15 à 18 mois. À cela s'ajoute un investissement initial de 50 millions de dollars pour moderniser le 911 ECU et améliorer les interventions d'urgence.

La police équatorienne inspecte un

Le volet financier a été présenté comme la clé de la pérennité de la stratégie. Le directeur de l'UAFE, José Julio Neira, a souligné que la priorité était de suivre la route de l'argent illicite pour éviter qu'il continue à financer la violence, les armes et la corruption politique. Selon le gouvernement, grâce au soutien international, des flux de financement illégaux vers des acteurs politiques et des entités décentralisées ont été identifiés, bien que les cas et les montants spécifiques n'aient pas été détaillés.

La feuille de route est annoncée dans un scénario de forte demande sociale de résultats vérifiables. Les données officielles montrent que, malgré les opérations et l'état d'urgence, les indicateurs de violence restent élevés dans plusieurs provinces, ce qui oblige à évaluer l'impact réel des mesures au-delà des annonces. L'année 2025 s'est terminée comme l'année la plus violente en Équateur avec plus de 9 000 homicides.