L'ONG Foro Penal a exprimé vendredi soir sa position concernant l'annonce d'une loi d'amnistie générale par la présidente par intérim Delcy Rodríguez, qui sera présentée à l'Assemblée nationale. L’organisation a accueilli la nouvelle « avec optimisme, mais avec prudence » et a exprimé l’espoir que cette mesure contribuerait « à la justice, à la liberté, à la paix et à la réconciliation nationale ».
Le communiqué publié par le réseau social x souligne que, pour répondre aux défis du moment politique, l'amnistie proposée doit inclure la participation active de la société civile, des organisations de défense des droits de l'homme et, en particulier, des victimes d'emprisonnement et de persécutions politiques, tant dans l'élaboration que dans l'application et le contrôle de la loi
En outre, l'organisation sociale a exigé de définir clairement la portée de l'amnistie et de respecter l'article 29 de la Constitution, qui interdit expressément de bénéficier à ceux qui ont commis des violations des droits de l'homme ou des crimes contre l'humanité.
Entre autres points, l'institution dirigée par Alfredo Romero et son vice-président, Gonzalo Himiob, a évoqué la nécessité de garantir la « non-répétition » des violations des droits de l'homme. En ce sens, ils ont souligné qu'il est essentiel de s'appuyer sur les principes nationaux et internationaux qui régissent les amnisties en tant qu'instruments juridiques, politiques et sociaux pour parvenir à la réconciliation, à la justice et à la paix nationale.
Le Forum Pénal a exhorté les acteurs de la justice à exiger que, dans l'application de la loi, l'affirmation de la liberté et le principe de favorabilité soient pleinement respectés, évitant que tout doute ne soit résolu au détriment des personnes incarcérées ou persécutées.

Le compte rendu de l'institution qui lutte pour les droits de l'homme a également publié une autre déclaration dans laquelle elle expose clairement les différences juridiques entre l'amnistie et la grâce, et souligne qu'il s'agit de deux figures juridiques avec des effets, une portée et des pouvoirs institutionnels complètement différents au sein du système vénézuélien.
Selon le texte, l'amnistie implique « l'oubli juridique du crime », ce qui implique l'extinction de la responsabilité pénale des auteurs, tandis que la grâce est définie comme un « pardon » qui tombe exclusivement sur la peine déjà infligée.
En ce sens, le Forum Pénal souligne que l'amnistie peut non seulement aboutir à des condamnations définitives, mais aussi à des processus en cours, à des enquêtes ouvertes et même à des affaires sans condamnation définitive.
Le document établit également une différence essentielle concernant les pouvoirs du pouvoir public : la grâce est un pouvoir exclusif du Président de la République, tandis que l'amnistie est un pouvoir du pouvoir législatif, plus précisément de l'Assemblée nationale, conformément aux dispositions de la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela.

Dans ce sens, le Forum Pénal souligne que la tradition constitutionnelle vénézuélienne a historiquement reconnu l'amnistie comme une mesure de grâce exceptionnelle, liée à la volonté populaire représentée dans le pouvoir législatif, et comme un outil politico-juridique différent de la grâce présidentielle.
Enfin, l’organisation résume sa position par une définition catégorique : « Une grâce, c’est le pardon, tandis qu’une amnistie, c’est l’oubli. » « L’amnistie est une renonciation au pouvoir de l’État de poursuivre et de punir certains actes, généralement dans le but de réaliser la paix sociale. »
De son côté, Alfredo Romero a écrit dans son compte personnel sur la plateforme susmentionnée qu'une amnistie générale est la bienvenue « à condition que ses éléments et conditions incluent toute la société civile, sans discrimination, qu'elle ne devienne pas un masque d'impunité et qu'elle contribue au démantèlement de l'appareil répressif de persécution politique ».

L'ONG rappelle qu'elle a déjà proposé l'amnistie à plusieurs reprises – en 2007, 2011, 2015, 2016, 2019 et début 2026 – et a mis son expérience à la disposition de la société et de tout pouvoir public intéressé.