Ils ont reporté la séance au Parlement pour discuter de la loi d'amnistie au Venezuela et l'incertitude grandit sur les prisonniers politiques

L'Assemblée nationale du Venezuela a suspendu la séance prévue ce mardi au cours de laquelle était attendue l'approbation finale de la loi d'amnistie, une règle que le régime de Delcy Rodríguez avait promise comme étape clé pour la libération massive des prisonniers politiques dans le pays.

Le projet de loi d'amnistie a été adopté la semaine dernière lors du premier de deux débats réglementaires au Parlement. L'approbation finale était prévue pour ce mardi, mais le Secrétariat Législatif a signalé la suspension de la session et a confirmé que le Parlement se réunira jeudi, sans toutefois annoncer quel sera l'ordre du jour.

Ce report intervient dans un contexte d'attentes sociales et de pressions internationales, notamment de la part des États-Unis, qui exigent la libération totale des détenus pour des raisons politiques, comme condition pour avancer dans de nouvelles négociations.

Le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, avait assuré vendredi qu'une fois la loi votée, « ils partiront tous le même jour », en référence aux prisonniers politiques.

Ils ont ajourné la séance pour approuver

La promesse a été faite devant les proches des détenus qui attendaient l'approbation de la règle devant les cellules de la Police Nationale de Caracas. La loi couvre des cas survenus pendant près de 30 ans de gouvernements chavistes et a été présentée comme une mesure de réconciliation nationale après la capture du dictateur de la drogue Nicolás Maduro par les forces américaines en janvier.

La chaviste Delcy Rodríguez, dans un discours télévisé ce lundi, a insisté sur la nécessité « d'inclure tous les secteurs du pays » dans le processus de consultation du projet juridique. Le texte a été révisé par des représentants politiques, des juristes et des membres du système judiciaire, dans le but d'élargir sa légitimité et de répondre aux revendications des victimes et des organisations civiles.

Selon le Forum Pénal, depuis l'annonce du processus de libération le 8 janvier, un total de 426 personnes détenues pour des raisons politiques ont été libérées. Cependant, l'organisation et d'autres secteurs de la société civile avertissent que ce chiffre est insuffisant et exigent des garanties pour l'application effective de la loi une fois qu'elle sera approuvée.

Selon le Forum Pénal, depuis

Le Syndicat national des travailleurs de la presse (SNTP) a profité de ce report pour réitérer sa demande que la loi d'amnistie reconnaisse explicitement les persécutions contre les journalistes et garantisse que le droit pénal ne soit plus jamais utilisé pour criminaliser la pratique du journalisme.

Marco Ruiz, secrétaire général du syndicat, a déclaré que le syndicat avait présenté au Parlement un projet qui reconnaît la persécution judiciaire, numérique et physique subie par les travailleurs de la presse ces dernières années.

Ruiz a souligné qu'actuellement, 59 journalistes sont poursuivis en justice au Venezuela, dont quatre sont toujours en prison et deux assignés à résidence, en plus d'au moins 20 journalistes exilés par crainte de représailles.

L’initiative syndicale inclut également une protection contre les crimes « fabriqués » et demande que l’amnistie couvre ceux qui ont été persécutés pour avoir exercé la liberté d’expression. Le syndicat a averti qu'il existe de nombreux cas de journalistes qui ont quitté le pays ou dont le passeport a été annulé, sans avoir été informés des poursuites judiciaires à leur encontre.

Les manifestants vénézuéliens brandissent des banderoles et

La suspension de la session parlementaire entretient l'incertitude sur l'avenir immédiat des prisonniers politiques et sur la réponse du régime intérimaire aux pressions locales et internationales. Le parti au pouvoir a convoqué une marche jeudi pour commémorer la Journée de la jeunesse, tandis que les attentes grandissent quant à l'avancement de la loi et à son application effective.

Le processus de consultation et le débat autour de l'amnistie sont devenus un espace de confrontation entre le chavisme, l'opposition et les organisations sociales, qui insistent sur la nécessité d'élargir la portée de la norme et de garantir son respect.