Le Panama a obtenu 33 points dans l'Indice de perception de la corruption 2025 (CPI 2025) préparé par Transparency International, un résultat qui reflète le fait que le pays continue d'être perçu comme vulnérable aux pratiques irrégulières dans le secteur public.
Ce score le maintient en dessous de la moyenne des Amériques (42 points) et au sein du groupe des pays ayant de faibles performances en matière d'intégrité et de transparence.
L'indice mesure la corruption perçue par les experts et les hommes d'affaires sur une échelle de 0 à 100, où 0 équivaut à une plus grande corruption et 100 à une plus grande transparence.
Dans le cas panaméen, la permanence à 33 points confirme un schéma de stagnation, avec des progrès insuffisants pour modifier la perception de la gestion des ressources publiques et la capacité de contrôle institutionnel.
Au niveau mondial, le rapport prévient que la moyenne mondiale s'élève à 42 points, avec des signes de détérioration liés à la fragilité des contrôles, à la pression sur l'indépendance judiciaire et à la faible efficacité dans la sanction des réseaux de corruption.

Non seulement le Panama se situe en dessous de cette moyenne, mais il ne montre pas non plus d’amélioration durable qui permettrait de changer le discours sur la faiblesse institutionnelle.
La stagnation du pays dans l'IPC a des implications directes : un environnement perçu comme plus corrompu réduit la confiance des investisseurs, augmente le risque de réputation et rend la compétitivité difficile par rapport à des pays qui font preuve d'une plus grande clarté dans les règles, la supervision et les sanctions.
Concrètement, la corruption perçue agit comme une « taxe invisible » qui rend les projets plus coûteux, fausse les décisions et détériore la qualité des dépenses.
L’une des critiques récurrentes au sein du débat national concerne l’impunité et la lenteur des procédures judiciaires dans les affaires à fort impact.
Le pays est confronté à des dossiers complexes où la perception du public est affectée par des retards, des incidents de procédure et un faible nombre de condamnations définitives, alimentant l'idée que la justice n'a pas toujours la même force pour tout le monde.
Dans ce contexte, l’affaire Odebrecht au Panama continue d’être une référence incontournable dans le débat public : elle symbolise depuis des années l’ampleur de la corruption, la faiblesse des contrôles d’embauche et l’atteinte à la réputation générée par les scandales de corruption transnationale.

Le sentiment de retards prolongés et de résultats limités dans les processus très médiatisés renforce l’idée selon laquelle le système n’a pas encore réussi à fournir une réponse pleinement dissuasive.
À cette perception s’ajoute un facteur qui, en termes de climat institutionnel, pèse lourd : le débat sur les garanties et les mesures de précaution.
Le président José Raúl Mulino a publiquement remis en question la « flexibilité » du système lorsque les personnes accusées de crimes graves se retrouvent avec des mesures autres que la détention provisoire, affirmant que des décisions de ce type finissent par affaiblir le message de punition efficace et affecter la confiance des citoyens dans la justice.
Mulino est allé plus loin en avertissant que la libération des accusés ou le remplacement de mesures sévères par des mesures plus bénignes est interprété dans la rue comme le signe de portes tournantes, où la capture et la poursuite ne se traduisent pas nécessairement par des conséquences.
Selon lui, ce modèle affecte non seulement la sécurité, mais alimente également un terrain fertile pour la corruption, car il réduit le coût perçu de la commission d'un crime, en particulier lorsqu'il existe des ressources, des contacts ou du pouvoir.
Le rapport de Transparency International indique que les pays ayant les pires scores ont tendance à présenter des défauts structurels : affaiblissement de l’État de droit, faible indépendance des institutions judiciaires et peu d’efficacité des mécanismes de responsabilisation.

Bien que l’indice ne mesure pas les cas individuels, il reflète la perception selon laquelle le système ne parvient pas à prévenir ou à punir systématiquement le détournement de fonds, le trafic d’influence ou la corruption.
Dans la région, les perspectives ne sont pas non plus encourageantes. L'évaluation montre que les scores faibles prédominent en Amérique latine et que peu de pays parviennent à dépasser facilement le seuil de 50 points, ce qui montre la fragilité générale des contrôles, des achats publics et des poursuites pénales.
Le Panama semble être à la traîne des références régionales qui, avec de meilleurs résultats, soutiennent une image d'institutions plus solides et une plus grande prévisibilité pour les citoyens et les entreprises.
En Amérique centrale, la lecture générale du rapport indique que la corruption perçue continue d'être liée aux problèmes de capture institutionnelle, de faiblesse des contrepoids et de capacité limitée de sanctions.
Dans cet environnement, les pays rivalisent non seulement pour les investissements et le commerce, mais aussi pour la crédibilité : celui qui offre les meilleures garanties de transparence attire plus de projets, de meilleurs partenaires et de meilleures conditions de financement.

Un autre axe qui alimente la perception de corruption est lié aux domaines sensibles de l’État tels que les marchés publics, la gestion des subventions, l’exécution des travaux et le contrôle des fournisseurs.
Lorsque les mécanismes de surveillance sont faibles ou ne sont pas perçus comme indépendants, les citoyens concluent qu’il y a place au favoritisme, aux dépassements de coûts ou aux décisions discrétionnaires, même s’il n’existe pas toujours de peines pour le prouver.
Le défi n’est donc pas cosmétique. Pour que le Panama change sa position dans l'indice, il a besoin d'avancées visibles et crédibles : enquêtes et sanctions efficaces, transparence réelle des contrats, renforcement des audits, protection des lanceurs d'alerte et cohérence des décisions judiciaires.
Si les citoyens et le secteur productif ne perçoivent pas de changements concrets, le score tend à rester là où il est.
En résumé, l'IPC 2025 confirme que le Panama reste bloqué à de faibles niveaux de perception de l'intégrité publique, inférieurs à la moyenne régionale et sans signes clairs d'amélioration durable.
Le pays est confronté à un double défi : réduire la corruption réelle et, en même temps, rétablir la confiance avec des résultats vérifiables, car dans ce domaine, la réputation se gagne par des actions et non par des discours.