La pénurie de carburant à Cuba a entraîné la suspension et l'ajustement immédiat des vols internationaux entre l'île et des destinations clés. Ces dernières heures, des sources de l'agence de presse PA Ils ont rapporté que les autorités aéronautiques cubaines ont informé les entreprises et le personnel du secteur qu'il n'y aura pas de « carburant disponible » pour les avions dans neuf aéroports – dont José Martí à La Havane – à partir de ce mardi et jusqu'au 11 mars.
Cette notification intervient après l’entrée en vigueur d’un programme de « rationalisation » énergétique dérivé des sanctions américaines. Ces mesures touchent particulièrement les passagers du Canada, du Mexique et de l'Espagne, obligeant les compagnies aériennes à rechercher des solutions alternatives en raison des pénuries de carburant dans les aéroports cubains.
La réponse d'Air Canada a été la suspension immédiate de tous ses vols vers l'île en raison d'un manque d'approvisionnement en carburant, comme l'a détaillé la compagnie aérienne dans un communiqué. La compagnie canadienne a annoncé l'organisation de vols spéciaux de rapatriement qui enverront des avions vides à Cuba pour récupérer près de 3 000 passagers canadiens bloqués, qui rentreront dans leur pays lors d'opérations de retour. Pour garantir ces routes, les vols chargeront du carburant supplémentaire au Canada et effectueront des escales techniques si nécessaire.
La suspension concerne les liaisons d'Air Canada qui relient Toronto et Montréal à quatre aéroports cubains : Jardines del Rey à Cayo Coco, Frank País à Holguín, Juan Gualberto Gómez à Varadero et Abel Santamaría à Santa Clara. La compagnie, qui exploitait en moyenne 16 fréquences hebdomadaires vers ces destinations, a expliqué avoir pris cette décision après avoir évalué les avertissements concernant l'instabilité de l'offre dans les aéroports cubains.
Le gouvernement du Canada a également recommandé à ses citoyens de prendre des précautions extrêmes lorsqu'ils voyagent à Cuba en raison du manque d'électricité, de carburant et de biens essentiels, et a mis en garde contre une possible modification soudaine des vols.
Air Europa a annoncé que la mesure serait appliquée à partir de ce mardi et, au moins, jusqu'à vendredi, ce qui aura un impact sur la ponctualité d'arrivée à Madrid. Les vols partiront à 21h05. (heure locale de La Havane) et atterrira à Madrid à 13h35. le lendemain, selon la compagnie aérienne.

Iberia a, quant à elle, activé une nouvelle politique de flexibilité tarifaire. Il permettra aux clients possédant des billets pour Cuba de modifier volontairement leurs vols en cas d'inconvénients dus à la situation. La compagnie a déclaré qu'elle ne prévoit pas pour le moment d'annulations directes sur la route entre Madrid et La Havane, même si elle reste constamment vigilante pour prendre des décisions rapides en cas de variation de l'offre sur l'île.
Les compagnies aériennes mexicaines ont adopté une approche différente et ont décidé de maintenir une connectivité régulière avec Cuba. Aeroméxico opère un vol aller-retour quotidien entre le Mexique et La Havane. De son côté, VivaAerobus maintient un départ quotidien de Cancún et huit fréquences hebdomadaires de Monterrey, Mérida et de l'État de Mexico. Les deux compagnies ont expliqué qu'elles continueraient à proposer des vols « normalement », garantissant le service en chargeant du carburant supplémentaire sur le territoire mexicain pour couvrir tout le voyage vers l'île.
Des sources sectorielles reconnaissent la gravité de la crise. Un pilote professionnel consulté par La presse associée Il a considéré la situation comme inhabituelle, même selon les normes cubaines, et a rappelé que lors d'une crise similaire il y a plus de dix ans, les avions européens avaient dû se ravitailler à Nassau, aux Bahamas. Selon les témoignages cités, les compagnies aériennes régionales pourraient désormais choisir de faire un ravitaillement supplémentaire au Mexique ou de recourir à des escales en République dominicaine ou à Cancun.
La Compagnie cubaine de navigation aérienne a indiqué que les aéroports du pays restent « opérationnels 24 heures sur 24 et sept jours sur sept », sans toutefois mentionner précisément la disponibilité de carburant pour les vols internationaux.
Cependant, la pénurie d'énergie a contraint la suspension des événements et la mise en œuvre d'un programme de rationalisation qui touche de nombreuses activités économiques et sociales sur l'île.
En termes de tourisme, le Canada reste la principale source de visiteurs à Cuba malgré une baisse de 12,4 % sur un an. En 2025, plus de 754 000 touristes canadiens ont choisi l’île comme destination, selon les chiffres officiels. Air Canada a réitéré l'importance de donner la priorité à la sécurité et au bien-être de ses clients dans ce contexte volatile.
L’évolution de la crise ne permet pas de prévoir le développement définitif de la connectivité aérienne avec Cuba. La possibilité de changements soudains dans les itinéraires et les opérations dépendra largement de l’évolution de la disponibilité du carburant sur l’île.