L'Autorité Maritime du Panama assure que les ports exploités par PPC présentent une « détérioration significative »

Un nouvel élément vient s'ajouter au différend entre l'État panaméen et Panama Ports Company (PPC), filiale du conglomérat hongkongais CK Hutchison.

L'Autorité maritime du Panama (AMP) a assuré qu'après avoir pris le contrôle des ports de Balboa et Cristóbal, elle a détecté une « détérioration significative » dans les deux terminaux, qui – selon le communiqué officiel – sont loin des normes internationales de l'industrie.

La réponse de l'AMP fait suite aux allégations du PPC, qui accusait le gouvernement panaméen de ne pas se conformer au processus d'arbitrage et d'avoir demandé une prolongation pour présenter ses défenses.

Ce nouvel affrontement a accru la tension entre les deux parties, provoqué une réaction du président José Raúl Mulino et conduit désormais à cette nouvelle déclaration de l'autorité maritime, qui durcit encore davantage la position officielle envers le concessionnaire.

La déclaration de l'AMP intervient quelques heures après que le président Mulino a annoncé que dans les prochains jours, plus de détails seraient dévoilés sur la situation réelle des ports, après la prise de contrôle par l'État.

Le président a insisté sur le fait que le pays avait agi conformément à la loi, après l'arrêt de la Cour suprême de justice qui a déclaré inconstitutionnelle la concession accordée en 1997.

L'État panaméen soutient que

Selon l'AMP, la décision d'occuper temporairement les terminaux répondait à la nécessité de garantir la continuité opérationnelle, sûre et efficace du service public, après ce qu'elle a qualifié de manque de coopération de la part du PPC.

L'entité assure que l'entreprise a caché des informations et empêché une transition ordonnée, obligeant l'État à intervenir pour maintenir les opérations portuaires sans interruption.

Le rapport officiel souligne également que la mesure adoptée ne constitue pas une expropriation, mais plutôt une occupation temporaire soutenue par la législation en vigueur, le temps de déterminer la valeur des biens.

Dans ce contexte, le Gouvernement a défendu que toutes ses actions ont été menées dans le cadre de la Constitution et de la loi, rejetant les accusations du PPC d'actes arbitraires présumés ou de confiscation.

Le différend entre l'État panaméen et PPC trouve son origine dans l'arrêt rendu le 29 janvier 2026, par lequel la Cour suprême de justice a déclaré inconstitutionnelle la loi qui a approuvé le contrat de concession des ports de Balboa et Cristóbal.

Cette décision a laissé sans base légale le fonctionnement de l'entreprise, qui fait partie du groupe CK Hutchison, un conglomérat soutenu à Pékin et présent mondialement dans le secteur portuaire.

APM Terminals Panama SA et

Depuis, le conflit s’est étendu au niveau international. PPC a déjà entamé une procédure d'arbitrage devant la Chambre de Commerce Internationale (CCI), dans laquelle elle cherche à défendre ses intérêts contre les actions de l'État panaméen.

De son côté, l'AMP a confirmé que le Panama participerait à ce processus et présenterait ses arguments. Mulino a assuré que la société spécialisée qui défendra la position du pays a déjà été embauchée.

Au milieu de ce scénario, le gouvernement a progressé dans la réorganisation des opérations portuaires. Dans le cas du port de Balboa, l'administration provisoire était en charge d'APM Terminals Panamá SA, à travers un contrat de 26 100 000 $ pour l'exploitation, l'entretien et la gestion du terminal dans le Pacifique. De son côté, le port de Cristóbal sera géré par TIL Panama SA, filiale de Mediterranean Shipping Company (MSC), dans le cadre d'un accord de 15 800 000 $ pour l'exploitation de l'installation dans l'Atlantique.

Le président du Panama, José

Les projections officielles indiquent que le Panama pourrait recevoir jusqu'à 100 millions de dollars pendant la période transitoire d'exploitation du port, estimée à 18 mois.

Le conflit a également relancé le débat sur l'impact économique de la concession. PPC a soutenu qu'au cours de ses 28 années d'activité, elle a apporté 658 millions de dollars à l'État panaméen et a investi 1 695 millions de dollars en infrastructures et équipements, défendant ainsi son rôle dans le développement du système portuaire.

Cependant, les autorités panaméennes ont remis en question la relation contractuelle et les avantages obtenus par l'entreprise.

Le reporting de l'AMP sur l'état des terminaux introduit un élément technique qui pourrait influencer l'évolution de l'arbitrage. L'état dans lequel les ports ont été reçus pourrait devenir un point clé de discussion, tant en termes de responsabilité opérationnelle que dans la valorisation des actifs impliqués dans le litige.

Pour l’instant, cette affaire apparaît comme l’un des conflits les plus importants pour le secteur logistique panaméen de ces dernières années. La combinaison de facteurs juridiques, économiques et opérationnels fait de ce processus un point critique pour l'avenir du système portuaire, alors que le pays cherche à maintenir sa position comme l'un des principaux centres logistiques de la région.

Dans les prochains jours, le gouvernement devrait révéler de nouveaux détails sur le fonctionnement des ports et l'état dans lequel ils se trouvent, ce qui pourrait déterminer le cours du débat public et du processus d'arbitrage déjà en cours.