Le projet de loi n° 230, qui établit le programme d'échange volontaire d'armes à feu, de munitions, d'explosifs et de matériels connexes contre de la nourriture, des médicaments ou des fournitures scolaires, a été approuvé lors du troisième débat par l'Assemblée nationale et sera envoyé à l'Organe exécutif pour sa sanction ou son veto.
L'initiative vise à transformer en loi un mécanisme qui fonctionnait jusqu'à présent comme un programme temporaire, dans le but de garantir sa continuité dans le temps, indépendamment des changements de gouvernement et de renforcer sa portée en tant qu'outil de sécurité publique.
La proposition législative établit expressément que l'échange ne se fera pas en espèces, mais par le biais d'un transfert monétaire accrédité sur la carte d'identité personnelle, qui ne pourra être utilisée que dans les commerces autorisés pour l'achat de nourriture, de médicaments ou de fournitures scolaires.
Ce point est essentiel, car il vise à éviter une utilisation abusive de l’incitation économique et à garantir que l’avantage ait un impact social direct sur les ménages qui participent au programme.

Le texte approuvé définit également le mécanisme opérationnel du programme, soulignant que les journées de réception des armes doivent être organisées au moins trimestriellement, organisées par le ministère du Gouvernement en coordination avec les gouvernements provinciaux, avec la participation du ministère de la Sécurité et de la Police nationale.
Ces sessions seront annoncées à l'avance, y compris la date, l'heure et le lieu, ce qui introduit un schéma structuré et périodique, différent des opérations isolées du passé.
Selon le contenu du projet, l'objectif principal est de réduire la quantité d'armes en circulation pouvant être utilisées à des fins criminelles, dans un contexte où la sécurité continue d'être l'une des principales préoccupations des citoyens.
Le rapport législatif lui-même indique que cette mesure fait partie d'une approche préventive visant à réduire la criminalité dans les townships à travers le retrait volontaire des armes, des munitions et des explosifs des rues.
Le promoteur de l'initiative, le député José Pérez Barboni, a soutenu que l'un des problèmes du projet actuel est son caractère temporaire, qui l'empêche de continuer et de mesurer son impact à long terme.

Par conséquent, la proposition cherche à élever le programme au rang de loi, en garantissant qu'il ne dépend pas de décisions administratives de chaque gouvernement et qu'il reste une politique publique permanente contre la violence et le crime organisé.
Les chiffres inclus dans l'exposé des motifs confirment la portée du programme. Entre 2019 et 2024, les autorités ont réussi à détruire 41.145 armes à feu, 562.959 munitions, 9.910 fournisseurs, 608 accessoires et 5.536 engins explosifs, ce qui démontre une capacité opérationnelle pertinente dans l'exécution de ce type d'initiatives.
Plus récemment, il y a eu des jours où des centaines d’armes et des milliers de munitions ont été retirées grâce à des incitations économiques.
Le projet intègre également des ajustements et des modifications apportés lors de sa discussion en commission, notamment des changements à plusieurs articles et l'incorporation de nouvelles dispositions, afin de renforcer son applicabilité et sa portée opérationnelle.
Ces modifications visent à améliorer la coordination institutionnelle et à garantir que le programme fonctionne comme une mesure complémentaire au sein d'une stratégie plus large de sécurité citoyenne.

Au-delà de l’orientation sociale de l’échange, le projet s’inscrit dans une logique de politique publique qui combine incitations économiques et objectifs de désarmement, une stratégie qui a été appliquée dans d’autres pays avec différents niveaux de succès.
Dans le cas panaméen, la conception stipule que chaque arme retirée représente une réduction potentielle du risque criminel, en partant du principe que la réduction de la disponibilité des armes contribue à contenir la violence.
Avec l'approbation lors du troisième débat, le projet est désormais entre les mains de l'Exécutif, qui doit décider s'il l'approuve ou s'il est renvoyé à l'Assemblée.
Son éventuelle entrée en vigueur marquerait la transition d'un programme administratif vers une politique d'État formalisée, avec des règles claires, une périodicité définie et un schéma institutionnel établi pour son exécution dans tout le pays.