Le Forum pénal a rapporté qu'il y a encore 477 prisonniers politiques au Venezuela malgré la loi d'amnistie approuvée par le chavisme.

Au Venezuela, 477 personnes restent emprisonnées pour des raisons politiques, selon l'organisation non gouvernementale Foro Penal, malgré l'approbation récente d'une loi d'amnistie.

Deux mois après l'entrée en vigueur de l'instrument juridique, l'ONG a précisé que parmi les personnes détenues figurent 432 hommes, 45 femmes et un adolescent ; 290 correspondent à la sphère civile et 187 à la sphère militaire. Par ailleurs, 43 détenus ont une nationalité étrangère.

Sur le nombre total de personnes emprisonnées, 164 ont déjà été condamnées et 313 n'ont toujours pas été condamnées. Depuis 2014, Foro Penal a recensé plus de 19 000 arrestations pour des raisons politiques et a fourni une assistance juridique à plus de 14 000 personnes libérées par la suite. Cependant, plus de 11 000 personnes restent sous le coup de mesures restrictives de liberté.

Depuis 2014, plus de 19 000 personnes ont été arrêtées pour des raisons politiques dans le pays (Europa Press)

Dans son dernier rapport, Foro Penal a fait état de cinq nouvelles arrestations et de 14 libérations. La liste des personnes privées de liberté a été soumise à l'Organisation des États américains (OEA) et au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) pour vérification internationale.

Cette mise à jour intervient près de deux mois après que le Parlement vénézuélien a approuvé une loi d'amnistie pour les cas liés à des raisons politiques entre 2002 et 2025.

Cette réglementation est née après la capture en janvier de l'ancien dictateur Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores par les États-Unis. À partir de ce moment-là, le président par intérim Delcy Rodríguez a assumé la direction de l'État et a entamé un processus de libérations.

Le président par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a entamé un processus de libération cinq jours après l'opération militaire (Reuters)

La loi d'amnistie couvre les crimes commis depuis 1999, mais limite ses avantages à 13 actes spécifiques et empêche l'amnistie pour les personnes accusées d'opérations militaires, de corruption, d'homicide et de violations des droits de l'homme. Plus de 8 000 personnes ont bénéficié d’une amnistie, même si la majorité n’est plus en prison.

Les autorités vénézuéliennes n’ont pas publié la liste complète des bénéficiaires, ce qui rend difficile une vérification indépendante du processus. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a demandé à connaître l'information, mais il n'y a pas eu de réponse officielle.

Jusqu'à présent, les autorités vénézuéliennes n'ont pas répondu aux affirmations de Türk concernant la transparence du processus (Photo AP/Omar Sanadiki)

Parallèlement, un groupe d'anciens prisonniers politiques a signalé au bureau du HCDH à Caracas l'existence de retards et de refus dans le traitement des demandes d'amnistie, décrivant le processus comme un obstacle à la libération des détenus.

D'autre part, María Corina Machado, principale figure de l'opposition vénézuélienne, a reçu ce samedi la Médaille d'or de la Communauté de Madrid, remise par la présidente régionale Isabel Díaz Ayuso. Au cours de la cérémonie, qui s'est déroulée au siège du gouvernement de Madrid et devant une foule de Vénézuéliens résidant en Espagne, Machado a déclaré que cette reconnaissance marquait le début d'une nouvelle étape pour ceux qui aspirent à rentrer et à reconstruire le Venezuela.

Dans son discours, Machado a dédié la médaille à tous les Vénézuéliens qui, à l'intérieur et à l'extérieur du pays, ont risqué leur vie pour la liberté. Il a souligné le travail des enseignants qui ont résisté à l'influence de l'idéologie officielle, des journalistes confrontés à la censure et aux menaces, et des collègues politiques engagés dans l'éthique. Il a souligné que la démocratie exige une défense quotidienne et a réaffirmé sa conviction que le Venezuela sera libre.

Le leader de l'opposition exige la libération de tous les prisonniers politiques et dénonce les obstacles à l'amnistie (Europa Press)

Lors d'une conférence de presse, Machado a insisté sur la nécessité d'un calendrier électoral et a réitéré la demande de libération de tous les prisonniers politiques.