Delcy Rodríguez a annoncé un ajustement du revenu global minimum à 240 dollars par mois

Le chef du régime chaviste, Delcy Rodríguez, a annoncé jeudi une augmentation du soi-disant « revenu minimum global » à l'équivalent de 240 dollars par mois, ainsi qu'une augmentation des pensions des personnes âgées à 70 dollars.

Cette mesure a été présentée comme la plus importante correction salariale de ces dernières années, dans un contexte marqué par une inflation à trois chiffres et des manifestations syndicales réclamant de meilleures conditions de travail.

Lors du communiqué officiel, il a été indiqué que le nouveau montant de 240 $ sera appliqué tant au secteur public qu'au secteur privé dans les cas où le salaire actuel est inférieur. Il n'a toutefois pas été précisé quelle partie de cette somme correspond au salaire de base et quel montant sera attribué sous forme de primes, un élément clé pour le calcul des allocations et autres avantages sociaux.

Actuellement, le salaire minimum légal au Venezuela est resté gelé pendant plus de quatre ans à 130 bolivars, un chiffre qui, après la dernière dévaluation, représente moins de 30 cents par mois. L'écart entre la valeur officielle et le revenu effectif est couvert par des primes supplémentaires versées en bolivars au taux de change officiel. Il s’agit notamment d’un bon alimentaire de 40 dollars et d’un « revenu de guerre économique » de 150 dollars, tous deux sans impact sur les prestations sociales ou les primes.

Foule de travailleurs vénézuéliens défilant dans une rue, portant des pancartes de protestation avec des messages sur les salaires. Les bâtiments sont visibles en arrière-plan sous un ciel bleu

Le manque de clarté sur la structure du nouveau revenu global a généré une incertitude parmi les travailleurs et les syndicats indépendants, puisque le salaire de base est la référence légale pour les retraites, les liquidations et autres obligations de l'employeur. Les porte-parole des syndicats préviennent que si l'essentiel de l'ajustement se poursuit sous forme de primes, les travailleurs continueront d'être exposés à la précarité et à l'érosion des droits acquis.

Concernant les retraités et pensionnés, il a été signalé que la pension mensuelle passerait à 70 dollars, ce qui représente une augmentation de 40%. Malgré cet ajustement, le régime a reconnu que le montant reste insuffisant face à la hausse soutenue du coût de la vie. L'annonce elle-même comprenait l'engagement de développer un plan de soins spéciaux pour les personnes âgées dans le but d'améliorer leur situation à moyen terme.

L'ajustement salarial intervient au milieu d'une inflation annuelle qui, selon les chiffres officiels, a atteint 649% en mars, et dans un scénario économique où le bolivar a perdu une grande partie de son pouvoir d'achat. Le paiement des obligations en monnaie locale a contraint l'État à allouer près de 400 millions de dollars pour le seul mois d'avril, selon les estimations des cabinets de conseil, contre 250 millions en décembre de l'année dernière.

Les travailleurs vénézuéliens manifestent à nouveau pour de meilleurs salaires

Le secteur public vénézuélien emploie plus de 3 millions de travailleurs, tandis que le nombre de retraités avoisine les 5 millions, selon les données officielles. Ces derniers mois, les protestations syndicales se sont intensifiées dans des domaines tels que l’éducation, la santé et les services publics, avec des revendications pour que l’augmentation soit pleinement intégrée au salaire de base et ne se limite pas aux primes discrétionnaires.

L'annonce des salaires coïncide avec l'arrivée de ressources supplémentaires dans l'État après les accords pétroliers avec les États-Unis, qui ont permis d'ajouter des centaines de millions de dollars aux caisses publiques. Cependant, l’impact de ces revenus sur l’amélioration réelle des salaires et des retraites continue d’être source de débats entre experts et syndicats.

Parallèlement, les secteurs syndicaux et les organisations de travailleurs ont demandé l'ouverture de négociations pour discuter d'une réforme structurelle de la politique salariale, qui permettrait de récupérer la valeur réelle du salaire minimum et garantirait les pleins droits du travail.

L'augmentation du revenu global a été signée lors d'une table de dialogue avec la participation des syndicats officiels, de certains syndicats d'opposition et de représentants du monde des affaires, mais les modalités d'application et le calendrier de son entrée en vigueur n'ont pas encore été détaillés.

Le responsable chaviste n'a pas précisé quelle partie du montant correspond au salaire de base ni quelle part sera versée sous forme de primes, un élément central pour le calcul des allocations et autres avantages du travail (REUTERS/Leonardo Fernández Viloria)

L'ajustement annoncé cherche à répondre à la pression sociale et syndicale, mais laisse en suspens la définition d'une politique salariale permettant de faire face à la détérioration du pouvoir d'achat et à la crise inflationniste persistante. Les travailleurs et les retraités attendent des détails sur la composition des revenus et l'impact réel sur leurs conditions de vie dans les prochains mois.