Le conflit au Moyen-Orient accroît la volatilité des prix internationaux et exerce une pression sur l'économie et l'inflation au Honduras.

Dans le cadre des évaluations correspondant aux quatrième et cinquième révisions de l'accord économique actuel, les représentants du Conseil hondurien de l'entreprise privée (Cohep) et de la mission du Fonds monétaire international ont discuté des principaux défis auxquels le Honduras est confronté face à un scénario international de plus en plus complexe et incertain.

La réunion, élaborée dans le cadre de l'agenda technique de l'organisation financière internationale dans le pays, a permis l'échange de perspectives entre le secteur privé et les experts du FMI, dans le but d'identifier les mécanismes qui contribuent au renforcement de la résilience économique nationale.

Selon l'analyste économique de la Cohep, Alejandro Kaffati, la réunion a porté sur la recherche de stratégies visant à réduire l'impact des facteurs externes sur l'économie hondurienne.

« Le dialogue s'est concentré sur l'identification de stratégies qui atténuent les risques externes et favorisent un environnement financier résilient pour tous les secteurs productifs », a expliqué Kaffati, soulignant l'importance de ce type d'approche à un moment où l'économie mondiale traverse de multiples tensions.

L'un des points centraux de la discussion a été l'impact de la crise au Moyen-Orient, qui a généré des répercussions sur les marchés internationaux, notamment dans la hausse des prix du carburant et l'augmentation de l'inflation.

Selon Kaffati, divers secteurs productifs du Honduras ressentent déjà les conséquences de ce contexte défavorable.

« Nous avons vu comment différents secteurs souffrent du retard économique et de l'augmentation des coûts du carburant, et nous voulons voir comment ils sont atténués », a déclaré l'analyste, soulignant la nécessité d'adopter des mesures concrètes pour amortir ces effets sur l'économie nationale.

Le mécanisme de disponibilité du dollar dans le système financier hondurien a été analysé pour déterminer sa durabilité à court et moyen terme. (Photo : EFE/Gustavo Amador/Archive)

Au cours de la réunion, la situation de la Société Nationale de l'Energie Électrique (ENEE), considérée comme un élément clé de l'accord signé avec le FMI, a également été abordée.

La compagnie nationale d'électricité reste l'un des principaux défis structurels du pays, non seulement en raison de son impact sur les finances publiques, mais également en raison de son impact sur la compétitivité et l'attraction des investissements.

En ce sens, les représentants du secteur privé ont convenu que promouvoir la viabilité financière de l'ENEE est essentiel pour générer la confiance des investisseurs et garantir un environnement économique plus stable.

L'amélioration de la gestion de cette entreprise publique fait partie des engagements acquis par le Honduras dans le cadre de l'accord avec l'organisation internationale.

Un autre sujet pertinent à l'ordre du jour était le mécanisme de disponibilité des devises étrangères, en particulier l'accès aux dollars dans le système financier national.

Les hommes d'affaires ont soulevé la nécessité d'évaluer si le régime actuel sera maintenu ou si des ajustements progressifs sont attendus dans les années à venir, compte tenu des pressions qui pourraient survenir sur les réserves internationales.

Au-delà des indicateurs macroéconomiques récemment présentés par la Banque centrale du Honduras, notamment dans le programme monétaire 2026-2027, l'attention du secteur privé est portée sur les risques qui pourraient se matérialiser à court et moyen terme.

La hausse soutenue des prix du carburant et le retard économique ont été les principales questions débattues entre les hommes d'affaires honduriens et la mission du FMI. (Photo : COHEP)

Kaffati a prévenu que les projections de la Banque centrale pointent vers une inflation qui pourrait dépasser 6% en 2026, un chiffre qu'il a qualifié d'élevé par rapport au comportement récent des prix.

Ce scénario pose d’importants défis à la politique économique, notamment en ce qui concerne le contrôle de l’inflation et la stimulation de la croissance.

« Dans le cadre de ces risques, il est nécessaire d'explorer avec le Fonds monétaire et le gouvernement lui-même quels sont ces mécanismes pour amortir les impacts négatifs sur l'inflation et la croissance économique », a souligné l'analyste.

La mission du FMI est au Honduras depuis environ une semaine et restera dans le pays pendant une période de 15 jours, dans le cadre du processus d'examen de l'accord signé le 11 août 2023 selon les modalités de l'accord de confirmation (SBA) et de la facilité de crédit élargie (SCA).

Ce programme est valable trois ans, entre 2023 et 2026, et constitue l'un des piliers de la politique économique du pays.

Si les quatrième et cinquième révisions de l'accord sont approuvées, le Honduras pourrait accéder à un décaissement d'environ 240 millions de dollars.

Ces ressources sont destinées à renforcer les finances publiques et les réserves internationales, en plus de contribuer à la réduction du déficit budgétaire grâce à leur incorporation dans la trésorerie unique de l'État.