Le gouvernement, les hommes d'affaires et les syndicalistes font avancer le débat pour réglementer les soi-disant Conseils productifs des travailleurs (CPTT), figure controversée créée par le régime bolivarien en pleine confrontation avec le secteur privé et qui est devenue un véritable casse-tête pour les employeurs.
La disposition manifestée par l'Exécutif et les centres officiels, dans le cadre du Forum de dialogue social promu par l'Organisation Internationale du Travail (OIT), confirme le rapprochement du chavisme avec le patronat dans le cadre du « nouveau moment politique » inauguré le 3 janvier, après l'attaque militaire des États-Unis.
Selon le règlement qui les régit, promulgué en février 2018, les CPTT doivent intervenir dans toutes les « entités de travail » pour « promouvoir, évaluer et contrôler les processus de production, d’approvisionnement, de commercialisation et de distribution de biens et services pour satisfaire les besoins des personnes ».
Concernant sa composition, la loi stipule qu'il doit y avoir un « ouvrier de la milice » et comprend parmi ses pouvoirs « la connaissance, l'évaluation et le contrôle des processus de production, d'approvisionnement, de commercialisation et de distribution des produits et services de l'entité de travail ».
L'association patronale Fedecámaras rejette ce chiffre, soulignant qu'il porte atteinte à la propriété privée, au secret industriel et à la tranquillité du milieu de travail. Ils préviennent également que cela fait fuir les investissements, surtout maintenant que le pays ouvre son économie au capital international.
La Commission d'enquête de l'OIT, considérée comme le plus haut mécanisme d'enquête de l'institution pour les cas graves de violations du droit du travail, est favorable à la suppression du CPTT. Cependant, le parti au pouvoir rejette cette idée, arguant qu'il y en a environ 40 000, raison pour laquelle il lui serait difficile de les effacer d'un seul coup.
Les hommes d'affaires vénézuéliens préféreraient que le CPTT ne s'applique qu'aux entités publiques et que s'ils continuent à agir dans le secteur privé, leurs fonctions soient limitées à des questions telles que le secret industriel et les projets de gestion.
Dans un délai n'excédant pas 15 jours, le projet de règlement de la CPTT doit être présenté à la table du dialogue social. L'organisation patronale souligne le ton conciliant du nouveau ministre du Travail, Carlos Castillo, nommé par la présidente par intérim Delcy Rodríguez il y a un peu plus de deux mois.
Le contenu du texte servira à mesurer la portée des changements que Rodríguez peut apporter sur le lieu de travail.