Le Honduras célèbre la Journée de l'arbre ce 30 mai au milieu d'une réalité environnementale inquiétante qui met en danger l'avenir de ses forêts et des millions de personnes qui en dépendent pour leur subsistance.
L'avertissement découle du troisième volet de la série État du pays 2026, intitulé « Changement climatique : forêts et vies en danger », présenté par l'Institut de justice de l'Association pour une société plus juste (ASJ), qui expose un panorama alarmant de la situation forestière du pays.
Selon l'étude, si le Honduras maintient les niveaux actuels de déforestation, d'incendies de forêt et d'exploitation des ressources naturelles, la couverture forestière nationale pourrait disparaître complètement d'ici 71 ans, plaçant le point critique vers 2097.
Le rapport affirme que ce scénario aurait des conséquences dévastatrices non seulement sur la biodiversité, mais aussi sur l'économie, la sécurité alimentaire, l'accès à l'eau et la stabilité des communautés les plus vulnérables.

L’une des données les plus inquiétantes révélées par l’étude indique que l’exploitation illégale des ressources naturelles est devenue le principal crime environnemental signalé au Honduras en 2025.
Selon le rapport, au cours de cette année, 527 plaintes ont été enregistrées concernant l'extraction illégale de ressources naturelles, un chiffre qui dépasse de loin d'autres crimes environnementaux tels que la pollution de l'air, de l'eau et du sol.
Les chercheurs soulignent que les plaintes pour exploitation illégale étaient huit fois plus nombreuses que celles enregistrées pour d'autres dommages environnementaux, ce qui reflète l'ampleur de la pression exercée sur les écosystèmes honduriens.
Malgré la gravité de la situation, la capacité de l'État à enquêter et à poursuivre ces crimes reste limitée.
L'ASJ souligne qu'au cours de l'année 2025, seulement 11,8 millions de lempiras ont été alloués au Parquet spécial de l'environnement, un montant qui ne représente que 0,4 pour cent du budget total du ministère public.

Selon l'étude, cette enveloppe budgétaire est insuffisante pour répondre au nombre croissant de plaintes, mener des enquêtes spécialisées et développer des actions préventives sur l'ensemble du territoire national.
L'organisation prévient que le manque de ressources humaines, techniques et financières limite considérablement la capacité de réponse institutionnelle aux crimes environnementaux.
Le rapport souligne également les risques auxquels sont confrontés ceux qui défendent les ressources naturelles du Honduras.
Au cours de la dernière décennie, au moins 111 défenseurs de l'environnement ont été assassinés dans le pays, un chiffre qui place le Honduras parmi les pays les plus dangereux pour ceux qui œuvrent à la protection de l'environnement et des territoires.
Plus inquiétant encore est le niveau d’impunité qui entoure ces crimes.
L'enquête révèle que 92 pour cent des meurtres de défenseurs de l'environnement restent sans résolution judiciaire, ce qui signifie que la majorité des responsables n'ont jamais été identifiés, poursuivis ou condamnés.
Pour l'Institut Justice ASJ, cette situation reflète l'absence de mécanismes de protection efficaces et le manque de capacités spécialisées pour enquêter sur les crimes commis contre les personnes qui sont en première ligne de défense des ressources naturelles.

La perte accélérée des forêts représente également une menace directe à l’adaptation au changement climatique.
Les écosystèmes forestiers jouent un rôle fondamental dans la régulation des cycles de l'eau, la capture du carbone, la protection des sols et la conservation de la biodiversité.
Sa disparition pourrait aggraver des phénomènes tels que des sécheresses prolongées, des inondations, des glissements de terrain et des pertes agricoles, affectant particulièrement les communautés rurales qui dépendent des ressources naturelles pour survivre.
Face à ce panorama, l'ASJ a appelé à renforcer les politiques de conservation, à augmenter les ressources allouées à la protection de l'environnement et à combattre efficacement les réseaux dédiés à l'exploitation illégale des ressources naturelles.
L'organisation a également exhorté les autorités à garantir la protection des défenseurs de l'environnement et à améliorer les mécanismes d'enquête afin de réduire les niveaux élevés d'impunité.