Les États-Unis ont annoncé ce mercredi un nouvel assouplissement des sanctions contre le Venezuela dans le but de faciliter les investissements et les accords commerciaux entre les entreprises étrangères et les sociétés contrôlées par l'État vénézuélien. Les changements se concentrent dans des secteurs clés tels que le pétrole, le gaz naturel, la pétrochimie, les mines et la production d'électricité, domaines considérés comme fondamentaux pour réactiver l'activité économique du pays.
Les nouvelles dispositions ont été publiées par l'Office of Foreign Assets Control (OFAC), dépendant du Département du Trésor des États-Unis, et modifient des aspects centraux des licences délivrées cette année.
Jusqu'à présent, les accords autorisés sous licence américaine devaient être régis exclusivement par le droit américain. Avec la modification annoncée ce mercredi, les contrats pourraient incorporer certaines réglementations vénézuéliennes liées à l'activité économique exercée dans le pays.
Selon la clarification émise par le Trésor, il sera permis de reconnaître les aspects liés aux permis administratifs, aux concessions, à la réglementation du travail, aux normes environnementales, aux exigences sanitaires et à d'autres pouvoirs réglementaires de l'État vénézuélien.

La décision vise à résoudre l'un des principaux obstacles apparus lors des négociations entre les sociétés énergétiques et Petróleos de Venezuela (PDVSA), la société d'État qui contrôle la production d'hydrocarbures dans le pays.
Les autorités américaines ont également élargi les options permettant de résoudre les différends contractuels. Jusqu’à présent, les litiges devaient être traités exclusivement sur le territoire des États-Unis. A compter de la modification, les parties pourront également recourir à des tribunaux ou mécanismes d'arbitrage situés au Royaume-Uni, en France ou à Singapour.
Le Département du Trésor a toutefois maintenu une série de restrictions visant à préserver le contrôle des flux financiers associés à ces opérations. Les licences établissent que les paiements destinés aux personnes ou entités bloquées doivent être acheminés vers des fonds supervisés par le gouvernement américain, à l'exception de ceux liés aux taxes, permis ou frais locaux.
Les modifications ne couvrent pas seulement le secteur pétrolier. Ils couvrent également les activités liées au gaz naturel, à la pétrochimie, à l'électricité et aux minéraux vénézuéliens, dont l'or. Dans ce dernier cas, Washington a mis à jour une licence spécifique pour autoriser certaines opérations commerciales liées aux minéraux extraits au Venezuela.
Cependant, les nouvelles autorisations maintiennent des limites importantes. Les entreprises bénéficiaires pourront acheter, transporter, stocker, exporter ou commercialiser des minéraux vénézuéliens, mais ne pourront toujours pas participer directement aux activités d’exploration, d’extraction ou de développement de nouveaux projets miniers dans le pays.
Les licences excluent également toutes les opérations liées à des personnes ou entreprises soumises à des sanctions individuelles, ainsi que les transactions liées à la Russie, à l'Iran, à la Corée du Nord ou à Cuba. De même, l’utilisation des monnaies numériques émises par le régime vénézuélien est interdite et des restrictions sont maintenues sur les navires bloqués par les autorités américaines.
Un autre point incorporé par le Trésor oblige les entreprises à déclarer des informations détaillées sur les opérations réalisées. Les rapports doivent inclure les parties impliquées, les volumes vendus, les prix, les destinations finales des produits et les paiements effectués aux agences de l'État vénézuélien.
Dans le cas des minéraux, les entreprises devront également présenter une documentation permettant de retracer l'origine des matériaux et de vérifier la chaîne d'approvisionnement.
Cette flexibilité intervient à un moment où diverses sociétés énergétiques envisagent d’étendre leur présence au Venezuela. Plusieurs sociétés américaines et étrangères sont en pourparlers avec PDVSA pour développer de nouveaux systèmes de production dans le cadre des licences accordées par Washington.
Les modifications font partie du processus de flexibilité promu par la Maison Blanche depuis le début de cette année. Depuis janvier, Washington a introduit une série de mesures visant à permettre une plus grande activité économique dans des secteurs clés du Venezuela, tout en maintenant des mécanismes de contrôle sur les revenus générés par ces opérations.
Ces dernières semaines, le régime vénézuélien a par ailleurs revu certains projets de contrats de partage de production après que des entreprises du secteur de l'énergie aient exprimé leurs inquiétudes concernant certaines clauses qu'elles jugeaient incompatibles avec les conditions requises par les licences américaines.
(Avec des informations de Reuters)