L'augmentation constante du prix de la nourriture et des services continue de représenter un défi pour des milliers de familles honduriennes, en particulier pour celles qui dépendent du travail informel pour survivre.
La coordinatrice de l'Observatoire universitaire sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle (Obsan), María Luisa García, a averti que seulement 22 % de la population économiquement active a un emploi formel qui garantit un salaire mensuel fixe.
Selon le spécialiste, les 78 % restants des travailleurs honduriens appartiennent au secteur informel, une condition qui les oblige à dépendre du revenu quotidien pour acheter de la nourriture et couvrir leurs besoins de base.
García a souligné que les résultats du dernier suivi réalisé par l'observatoire reflètent une tendance à la hausse soutenue des prix des produits qui composent le panier alimentaire de base.
Selon les données recueillies entre le 6 et le 12 juin, les 30 produits qui composent le panier continuent d'augmenter en prix, ce qui affecte directement le pouvoir d'achat des ménages.
Parmi les récentes augmentations, se distingue la boîte d'œufs, dont le prix a augmenté d'environ six lempiras au cours de la semaine dernière, selon le suivi effectué par l'institution.

L'expert a indiqué que cette situation suscite des inquiétudes car les augmentations de nourriture ne reflètent pas une réduction proportionnelle lorsque les coûts du carburant diminuent.
En ce sens, il a déclaré que même si certaines réductions sur le carburant sont annoncées chaque semaine, les produits de consommation de base continuent d'enregistrer des augmentations qui affectent directement les familles.
Actuellement, le panier alimentaire de base coûte environ 16 000 lempiras pour un ménage composé de quatre à cinq personnes, un chiffre qui représente un fardeau important pour des milliers de Honduriens.
García a également mis en doute le fait que le réajustement du salaire minimum ne compense pas entièrement l'augmentation du coût de la vie, notamment parce que tous les travailleurs ne bénéficient pas des mêmes avantages salariaux.
Le spécialiste a rappelé qu'il existe des différences entre les secteurs économiques et que de nombreuses personnes travaillent sans accès aux allocations, à la sécurité sociale ou à un revenu stable.
Comme il l'a expliqué, cette réalité fait qu'une grande partie de la population vit dans des conditions de vulnérabilité économique, car elle dépend de ce qu'elle parvient à générer chaque jour pour couvrir la nourriture, les transports, les services publics et autres dépenses essentielles.

Un autre aspect qui inquiète l'observatoire est que les récentes réductions de carburant ne se sont pas traduites par une baisse des prix des denrées alimentaires et autres produits de consommation quotidienne.
Au contraire, il a affirmé que de nombreux postes continuent d'enregistrer des augmentations graduelles qui finissent par affecter l'économie familiale.
Le coordinateur d'Obsan a également fait référence aux données régionales sur l'inflation, soulignant que le Honduras est confronté à l'un des niveaux d'augmentation de prix les plus élevés par rapport aux autres pays de la région.
Face à ce panorama, les spécialistes estiment nécessaire de renforcer les politiques visant à améliorer l'accès à l'emploi formel, à stimuler la production nationale et à protéger la capacité d'achat des ménages les plus vulnérables.
De même, ils soulignent que garantir la sécurité alimentaire continue d'être l'un des principaux défis du pays, surtout dans un contexte marqué par l'augmentation du coût de la vie et la capacité économique limitée d'une grande partie de la population.
Enfin, l'observatoire a réitéré l'importance de surveiller en permanence l'évolution des prix alimentaires pour identifier les tendances et promouvoir des mesures réduisant l'impact économique sur les familles honduriennes.