Plus de 12 journalistes ont été menacés cette année au Honduras, comme l'a rapporté la défenseuse des droits humains Dina Meza, qui a également mis en garde contre d'autres cas qui n'ont pas été rendus publics par crainte de représailles ou parce qu'ils ont fait profil bas face aux intimidations.
Meza a déclaré que la situation expose une grande vulnérabilité pour la pratique du journalisme et a souligné la nécessité pour les victimes de disposer de mécanismes de protection efficaces et accessibles pour éviter de plus grands risques.
Parmi les cas évoqués, celui du journaliste César Guardado, du département de Colón, qui aurait abandonné son domicile après avoir été attaqué par des coups de feu inconnus après avoir couvert des événements violents liés aux conflits dans les communautés paysannes.
Dans le sud du pays, au moins cinq femmes journalistes ont fait l'objet de campagnes de stigmatisation et de menaces via les médias numériques et les téléphones portables, a averti Meza.
Dans l'ouest du pays, à Marcala, La Paz, la journaliste Berta Suazo continue de faire état de risques pour son intégrité physique, dans un contexte d'absence de mesures de protection, selon le défenseur.

Meza a indiqué que les organisations de la société civile, ainsi que la plateforme JOPRODEH, ont promu des actions visant à renforcer la protection des journalistes et des communicateurs sociaux dans le pays.
Il a ajouté que depuis mars, ils ont demandé des réunions avec les autorités du pouvoir exécutif et du Congrès national, notamment le président Nasry Asfura et le chef du Parlement, dans le but de souligner l'urgence d'adopter des mesures étatiques plus énergiques.
Comme expliqué, l'objectif est d'établir des mécanismes de protection plus efficaces qui garantissent des conditions sûres pour l'exercice du journalisme au Honduras, au milieu d'un contexte qu'ils qualifient d'inquiétant.

Parallèlement, l'ambassadeur résident de l'Union européenne au Honduras, Gonzalo Fournier, a exprimé le soutien de l'organisation aux initiatives visant à renforcer la liberté de la presse et la résilience des communicateurs face aux menaces extérieures.
Le diplomate a souligné que l'UE s'emploie à guider les journalistes face aux risques liés à la désinformation et à d'éventuelles ingérences extérieures qui pourraient affecter la neutralité de l'information et l'exercice indépendant du journalisme.
Fournier a rappelé que l'article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne consacre le droit à la liberté d'expression et d'information sans ingérence, tant de la part des autorités que des acteurs extérieurs.
Il a également souligné que l'objectif de la coopération européenne est de promouvoir des conditions similaires à celles promues dans le bloc communautaire, qui cherche à protéger les journalistes des campagnes de désinformation et des menaces contre la liberté de la presse.
Les militants des droits de l'homme insistent sur le fait que la situation nécessite une réponse étatique plus forte et plus coordonnée, car les menaces ne se limitent pas aux régions de l'intérieur du pays, mais des cas de harcèlement contre des journalistes ont également été signalés dans la capitale Tegucigalpa, ce qui montre que le risque pour l'exercice de la liberté de la presse s'étend au niveau national et continue de susciter l'inquiétude de la communauté journalistique.