Ce n'est pas un test pour la caméra. C'est une preuve de vie. « Hernán, j'ai besoin que tu regardes la caméra », lui dit l'un des sauveteurs alors que l'objectif regarde à travers l'étroit conduit ouvert entre les décombres. Le gardien, coincé depuis une semaine sous le bâtiment effondré lors du double tremblement de terre au Venezuela, relève lentement la tête. De l’autre côté du moniteur, personne ne fait la fête. L'image confirme seulement que les secours peuvent continuer.
Puis l’homme relève lentement la tête. Il porte un masque et un de ses yeux présente une blessure visible. La caméra, située presque verticalement sur le petit espace où il reste coincé, enregistre le moment où il reprend contact avec ceux qui, depuis plus de deux jours, tentent de lui ouvrir un chemin sûr.
Il n'y a pas d'applaudissements. Personne n'interrompt le travail. Confirmer qu'Hernán Gil est toujours conscient n'est qu'une étape de plus dans une opération dans laquelle chaque mouvement doit être calculé avec précision.
Les images ont été publiées mercredi par l'équipe USAR des pompiers chiliens, qui dirigent les secours avec des spécialistes de différents pays. La vidéo, d'une durée d'une minute et deux secondes, offre le récit le plus proche du survivant depuis le début de l'opération qui s'est terminée quelques heures plus tard avec son sauvetage.
Après avoir montré Hernán parmi la poussière et les blocs de béton, la caméra recule par l'étroit accès ouvert entre les vestiges du bâtiment. Dehors, plusieurs sauveteurs chiliens suivent la scène grâce à un moniteur tandis qu'un autre groupe enlève des pierres et de la terre. La visite finale révèle l'ampleur de l'effondrement et permet de comprendre pourquoi l'extraction progresse si lentement.
Le problème n'est plus de trouver Hernán. Il s’agit d’y parvenir sans provoquer un nouvel effondrement.
L'agent de sécurité s'est retrouvé coincé il y a une semaine, lorsque le double séisme de magnitudes 7,2 et 7,5 a fait effondrer le bâtiment où il travaillait. Cependant, l'opération de sauvetage a désormais dépassé les 50 heures depuis qu'il a été retrouvé vivant, en raison de l'énorme charge de matériaux qui reste dans le sous-sol où il était enfermé.
« L'équipe des pompiers de l'USAR du Chili poursuit les efforts de sauvetage d'Hernán, un Vénézuélien coincé vivant dans un bâtiment effondré », a rapporté l'institution en partageant la vidéo. Il a également noté que l'homme continue d'être nourri et hydraté par les équipes d'urgence tandis que les efforts pour le libérer redoublent d'efforts.

Le cas d'Hernán Gil est devenu l'une des dernières grandes opérations de secours encore actives au Venezuela, alors que le pays célèbre une semaine après le tremblement de terre qui a dévasté une partie de son territoire.
Mocarquer a également rappelé que les chances de retrouver des personnes vivantes se concentrent généralement entre cinq et dix jours après une catastrophe présentant ces caractéristiques. Alors que cette fenêtre commence à se fermer, de nombreux contingents internationaux commencent à rentrer dans leur pays et les opérations évoluent vers la récupération des victimes, une tâche qui reste entre les mains des autorités locales.
Pendant ce temps, le bilan officiel de la tragédie continue de s’alourdir. Le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, a annoncé mercredi que le nombre de morts s'est élevé à 2.295, tandis que les blessés ont atteint 11.267 et les victimes, 12.841. Par ailleurs, il a souligné que depuis le 24 juin, 782 répliques du séisme ont été enregistrées. De son côté, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) estime que quelque 16 000 personnes ont dû quitter leur domicile.
Au milieu de ces chiffres, l’opération autour d’Hernán Gil continue d’avancer petit à petit. Les sauveteurs lui reparlent fréquemment pour vérifier qu'il est toujours conscient, tandis que d'autres équipes continuent d'enlever les débris sur une structure qui ne permet pas d'erreurs.
Chaque réponse confirme qu'il est toujours là. Chaque pierre retirée rapproche la possibilité de réaliser un sauvetage vivant.