Les réformes du Code pénal hondurien pour les cas de violence contre les femmes sont entrées en vigueur. La norme a été publiée au Journal officiel La Gazette numéro 37.181, correspondant au 30 juin, et durcit les sanctions pour féminicide en plus de créer des tribunaux spécialisés pour ces crimes.

L'un des principaux changements est la création d'organismes juridictionnels spécialisés pour enquêter et poursuivre le crime de féminicide, ainsi que les crimes connexes et autres formes de violence à l'égard des femmes. Ces affaires ne seront plus traitées au sein du système de justice traditionnel et seront transférées vers un circuit spécialisé conçu dans le cadre d'une approche de protection globale.
La réforme prévoit également que ces cours et tribunaux seront composés uniquement de femmes juges. Avec cette disposition, le Congrès national cherche à réduire les préjugés sexistes au sein des processus judiciaires, à éviter la revictimisation des victimes et à garantir que les cas soient traités dans une perspective de genre depuis le début de l'enquête jusqu'au prononcé de la peine.
Il appartiendra désormais à la Cour suprême de justice de créer les nouveaux organes juridictionnels, d'allouer les ressources nécessaires, de sélectionner les juges qui intégreront ces tribunaux par le biais de concours au mérite et de les former en matière de violence de genre.

Le règlement établit également que le nouveau siège judiciaire doit disposer d'équipes multidisciplinaires composées de psychologues, de travailleurs sociaux et d'autres professionnels qui permettent d'offrir une prise en charge plus complète tant aux victimes qu'à leurs familles pendant le processus judiciaire.
Avec la nouvelle législation, le fémicide sera puni de peines comprises entre 25 et 30 ans de prison, tandis que le féminicide aggravé sera puni de peines comprises entre 30 et 40 ans de prison. La réforme prévoit également que les peines peuvent aller jusqu'à 60 ans de prison lorsque surviennent des circonstances particulièrement graves qui justifient un cumul effectif des peines.
Parmi ces circonstances figurent les cas dans lesquels le crime a été précédé de crimes sexuels, de torture ou de privation illégale de liberté. Également lorsqu'il y a une tentative délibérée de cacher une agression sexuelle antérieure, lorsque la personne responsable est un fonctionnaire ou un agent de l'État qui utilise sa position, son uniforme, son autorité ou son arme réglementaire pour commettre un fémicide.

L'approbation de ces réformes a été unanime au Congrès national le 8 juin et répondait aux recommandations formulées par une commission multipartite qui analysait l'augmentation des morts violentes de femmes au Honduras.
Dans divers secteurs, ces réformes répondent à une demande soutenue des organisations de femmes qui réclament depuis des années des sanctions plus sévères, des processus spécialisés et une justice sans discrimination pour celles qui sont confrontées à des violences de genre.