Le système pénitentiaire guatémaltèque a connu un moment important après la capture et le transfert ultérieur de Jorge Barahona Orellana à la prison Mariscal Zavala, un centre pénitentiaire situé au sein d'une base militaire identifiée à plusieurs reprises comme une prison privilégiée pour d'anciens fonctionnaires et des personnalités de premier plan.
L'opération, réalisée sous de strictes mesures de sécurité, répond à l'une des plus récentes ordonnances émises par le Tribunal à Haut Risque « D » présidé par la juge Abelina Cruz Toscano, qui a fait l'objet de fortes accusations de la part de secteurs de la société civile, de la presse indépendante et des opérateurs judiciaires en exil, concernant des résolutions qui ont systématiquement favorisé des personnes accusées de corruption au Guatemala.
L'arrestation de Jorge Barahona Orellana a eu lieu ce jeudi 9 juillet, après avoir activé un ordre en vigueur depuis le 11 juin 2025, lorsqu'il assistait à une procédure menée à la Tour du Tribunal de la ville de Guatemala.

Le transfert a été réalisé avec la collaboration des forces de police et du personnel pénitentiaire, qui ont veillé à l'intégrité physique du détenu et évité des incidents sur le chemin vers la prison Mariscal Zavala.
Le meurtre de Claudina Isabel Velásquez est devenu un cas emblématique pour le Guatemala, après avoir été formellement présenté devant la Cour interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) en mars 2014, après avoir déterminé que l'État du Guatemala n'avait pas enquêté sérieusement ou avec diligence sur le fémicide survenu en 2005.
En 2015, la Cour interaméricaine a prononcé une condamnation internationale contre l'État du Guatemala. Dans cette résolution, il a déclaré le pays internationalement responsable du manque de diligence raisonnable pour empêcher la mort de la jeune femme, des multiples irrégularités dans l'enquête pénale et de l'application de stéréotypes de genre qui ont entravé la justice.
Le jugement a été rendu après l'analyse des preuves et des témoignages présentés par les organisations de défense des droits de l'homme et les proches de la victime. Selon le jugement, l'État doit adopter des mesures de réparation et garantir des procédures judiciaires efficaces.

L'assassinat de Claudina Isabel Velásquez Paiz, 19 ans, s'est produit dans la nuit du 12 août 2005. Ce jour-là, la jeune femme assistait à une fête dans le quartier Roosevelt, dans la zone 11 de la capitale. Vers 23h45, elle contacte son frère pour lui dire qu'elle va bien et qu'une amie la ramènera chez elle. Cependant, il n'est jamais arrivé.
En constatant son absence, ses parents, Jorge Velásquez et Elsa Paiz, se sont mis à sa recherche désespérée. Ils se sont rendus dans les commissariats de la Police Nationale Civile (PNC) pour signaler la disparition, mais les agents ont refusé de prendre connaissance du signalement, arguant de manière désobligeante qu'il fallait attendre, suggérant qu'« elle était probablement partie avec un petit ami ».
Le corps de Claudina a été retrouvé le 13 août 2005 à 5 heures du matin dans une rue du quartier de Quinta Samayoa, dans la zone 7 de la ville de Guatemala. Il présentait des signes de violence physique, d'agression sexuelle et une blessure par balle à la tête. Elle a été envoyée à la morgue sous le nom de XX (non identifié), malgré les recherches insistantes de ses parents.
La scène du crime n'était pas correctement gardée, ce qui a entraîné la perte irréversible de preuves biologiques et médico-légales essentielles (telles que des empreintes digitales et des échantillons d'ADN). Les vêtements de Claudina n'ont pas été immédiatement analysés scientifiquement et les premiers suspects – les personnes qui étaient avec elle la nuit de sa disparition – n'ont pas fait l'objet d'une enquête rapide et rigoureuse.
Jusqu'à présent, plusieurs arrestations de personnes prétendument liées à cette affaire restent en cours.
Confronté à l'impunité devant les tribunaux locaux, le père de Claudina, Jorge Velásquez, a mené une bataille juridique de plusieurs années qui a porté l'affaire devant la Cour interaméricaine, obtenant une condamnation historique contre l'État en 2015.

Dans le cadre des mesures de réparation ordonnées par la Cour pour éviter que la négligence policière initiale ne se reproduise dans d'autres cas, le Congrès de la République du Guatemala a approuvé la loi sur le mécanisme de recherche immédiate des femmes disparues.
C'est ainsi qu'est née l'Alerte Isabel-Claudina (du nom de Claudina Velásquez et María Isabel Véliz Franco, une autre jeune victime du fémicide et de l'impunité), un système qui oblige les autorités à activer immédiatement la recherche de toute femme disparue, sans attendre un minimum d'heures.