Finol, artiste et directeur d'Amnesty International Venezuela, a été arrêté à l'aéroport international de Maiquetía par des responsables de la Direction générale du contre-espionnage militaire (DGCIM) sous prétexte de contrôler son passeport. Il est resté en détention plusieurs heures avant d'être libéré sans inculpation ni explication officielle.

« L'appartenance de Manuel au mouvement des droits humains peut être perçue par les autorités comme une menace », a déclaré Ballesta. « Même si sa détention a été momentanée, elle constitue une privation arbitraire de liberté. »
La DGCIM a fait l'objet de sanctions internationales pour son implication dans des violations des droits humains, tandis qu'Amnesty International a dénoncé la criminalisation systématique des militants, des journalistes et des organisations civiles au Venezuela.
Moins de 24 heures avant l'arrestation de Finol, l'organisation a publié un message sur

Vous trouverez ci-dessous les fragments les plus pertinents de l’entretien avec Valentina Ballesta :
— De quelles informations disposez-vous sur la détention et la libération de Manuel Finol ?
— Ce matin, nous nous sommes réveillés avec la nouvelle de sa détention par les agents de l'immigration sous prétexte de contrôle de son passeport. Il a ensuite été arrêté par la Direction générale du contre-espionnage militaire (DGCIM) à l'aéroport de Maiquetía. Il a été privé de liberté pendant quelques heures. Nous avons récemment appris qu'il avait été libéré, mais nous ne connaissons ni les raisons ni les allégations portées contre lui. Même si cela a été momentané, il s’agit toujours d’une privation de liberté. Amnesty International condamne ce type d'arbitraire à l'encontre des défenseurs des droits humains.
— Considérez-vous qu'il s'agissait d'un acte d'intimidation envers Amnesty International ou envers le mouvement des droits de l'homme ?
« Le modèle de répression au Venezuela rend difficile de déterminer ce qui a motivé cette action, mais l'appartenance de Manuel à Amnesty et au mouvement des droits humains peut être perçue par les autorités comme une menace ou une forme de dissidence. Cela s’inscrit dans un schéma répressif plus large. Ce n'est pas la première fois qu'un défenseur est arrêté pour des raisons politiques.
—Hier, ils ont publié un message dans X demandant la libération de plusieurs prisonniers politiques. Pourrait-il y avoir un lien entre cette publication et l'arrestation de Finol ?
—Depuis juillet, nous avons lancé une campagne pour la libération et la localisation des personnes détenues ou portées disparues pour des raisons politiques. Nous publions fréquemment des articles sur ces cas, y compris celui d'hier. Cela pourrait être lié, mais cela pourrait aussi être dû à notre travail constant de signalement et de solidarité avec les victimes.
— Quelles mesures Amnesty International prend-elle pour protéger son personnel et d'autres organisations ?
« Nous travaillons avec des dizaines de personnes au Venezuela et des centaines dans le monde. Nous disposons de mesures de sécurité et d’atténuation des risques, mais nous sommes confrontés à un environnement dans lequel les autorités agissent de manière très arbitraire. Notre travail se concentre également sur la protection des défenseurs en dehors d'Amnesty, à travers des réseaux et un accompagnement mutuel.
—Comment le militantisme fait-il face à un contexte aussi restrictif que celui du Venezuela ?
«Notre principal outil est la solidarité et la résilience. Au Venezuela, un cadre répressif a été construit, non seulement avec des arrestations arbitraires, mais aussi avec des lois qui cherchent à restreindre le travail des organisations, comme la soi-disant loi contre les ONG. Malgré cela, nous continuons d’accompagner les victimes et de défendre le droit à l’existence du mouvement des droits humains.
— Attendez-vous une quelconque réponse de la part du gouvernement vénézuélien ou de la communauté internationale ?
« Nous doutons qu'il y ait une reconnaissance de l'arbitraire par les autorités, mais nous continuerons à documenter et à dénoncer pour qu'elles soient finalement tenues pour responsables. La mobilisation collective et solidaire a démontré aujourd'hui que l'écho des revendications de libération a un impact.
—Quelle lecture faites-vous de cette affaire dans le contexte général du Venezuela ?
—Le cas de Manuel Finol montre une escalade de la répression. Il ne s’agit plus seulement de persécuter des personnalités politiques, mais aussi des organisations de la société civile qui travaillent depuis des décennies. Défendre les droits de l’homme est devenu, pour le gouvernement, une forme d’opposition. Au Venezuela, la dernière frontière a été franchie : quiconque défend les droits contre un État arbitraire et vorace peut être considéré comme une menace.