Amnesty International (AI) a dénoncé lundi une « escalade des détentions arbitraires » à Cuba et exprimé son inquiétude quant à « l'état de santé alarmant » de certains prisonniers politiques sur l'île, selon un communiqué publié par l'organisation.
« Amnesty International est profondément préoccupée par l'escalade des détentions arbitraires, de la surveillance illégale et du harcèlement contre les proches des prisonniers d'opinion (…) à Cuba », a déclaré l'organisation dans le document, dans lequel elle mettait en garde sur la situation des opposants et de leur entourage.
Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme, l'Association interaméricaine de la presse (IAPA) et l'ambassade des États-Unis à La Havane ont également dénoncé l'arrestation vendredi dans la province de Holguín (nord-est) d'Ernesto Ricardo Medina et Kamil Zayas Pérez, membres du projet audiovisuel indépendant El4ticoqui compte des milliers de followers sur les réseaux sociaux.
Medina et Pérez utilisent les réseaux pour donner leur vision de la réalité à laquelle est confrontée l'île, embourbée dans une profonde crise économique, et pour critiquer ouvertement le régime communiste.
Selon Amnesty International, les détentions de courte durée font partie d'une tendance répétée. « Les détentions arbitraires de courte durée (…) font partie d'un schéma systématique de pratiques autoritaires que l'État cubain utilise pour punir et dissuader toute forme de dissidence », a déclaré Johanna Cilano, chercheuse d'Amnesty International pour les Caraïbes, citée dans le communiqué.
L'organisation a également exprimé « son inquiétude face à l'état de santé alarmant de plusieurs prisonniers d'opinion », parmi lesquels elle a cité Félix Navarro, membre de l'Union patriotique de Cuba, un mouvement dissident fondé par José Daniel Ferrer, aujourd'hui en exil.
De même, Amnesty International a exprimé sa préoccupation concernant le cas de Maykel Castillo Pérez, connu sous le nom de Maykel « Osorbo » et co-auteur de la chanson « Patria y Vida ». L'organisation a indiqué que l'artiste avait été récemment transféré de prison, sans que « ses proches n'en aient été informés à temps ».
Le communiqué souligne également qu'Amnesty International suit « de près » le cas de l'artiste dissident Luis Manuel Otero Alcántara, détenu sur l'île.
En outre, l'organisation a demandé au gouvernement cubain de libérer « tous les prisonniers d'opinion » et de mettre fin aux « détentions arbitraires, à la surveillance illégale et au harcèlement » contre les opposants et les membres de leurs familles.
La plainte d'Amnesty International rejoint les rapports d'autres entités concernant des arrestations récentes dans le pays. Les organisations de défense des droits de l'homme, l'IAPA et l'ambassade des États-Unis à La Havane ont spécifiquement évoqué l'arrestation de Medina et Zayas Pérez à Holguín, survenue vendredi.

Dans le communiqué, l'organisation a réitéré sa préoccupation quant à l'état de santé de plusieurs détenus et aux conditions dans lesquelles ils restent en prison. Il a également insisté sur le fait que les détentions arbitraires de courte durée constituent un mécanisme de pression contre ceux qui expriment des positions critiques.
Les autorités du régime cubain rejettent ces accusations. La Havane nie l'existence de prisonniers politiques sur l'île et accuse les opposants d'être des « mercenaires » des États-Unis.