Assassinat de Fernando Villavicencio : soutien du bureau du RC et de son ex-femme à la thèse selon laquelle l'affaire était « armée »

La phase d'enquête du parquet dans l'affaire du meurtre du journaliste et candidat à la présidentielle Fernando Villavicencio s'est achevée après deux ans et sept mois d'enquête. Avec la clôture de cette phase procédurale, la voie vers la phase du procès s'ouvre, dans un dossier qui cherche à clarifier qui a ordonné l'assassinat survenu le 9 août 2023 à Quito.

Selon le rapport d'enquête publié par le portail La Source –fondée par Villavicencio lui-même–, dans les derniers jours de l’enquête, de nouveaux éléments sont apparus, parmi lesquels ces audios, accusations de dernière minute et controverses autour du récit de l’affaire.

Le Bureau du Procureur a identifié sept auteurs présumés liés à la planification du crime, dont quatre accusés et trois personnes liées ultérieurement au cours de l'enquête. Parmi eux se trouvent les anciens députés du Correismo José Serrano et Ronny Aleaga, ceux liés aux complots de corruption et de crime organisé, Daniel Salcedo et Xavier Jordán, ainsi que les membres présumés du groupe criminel Los Lobos, attribués à l'attentat.

L'ancien ministre du Corréisme

Selon la théorie du procureur citée dans le rapport, l'enquête soutient que l'assassinat aurait été le résultat d'un plan structuré dans lequel seraient intervenus des acteurs politiques, des opérateurs criminels et des réseaux liés au trafic de drogue. Dans ce projet, les membres du groupe criminel organisé Los Lobos auraient accepté de commettre le crime en échange d'un paiement d'un million de dollars.

Dans la phase finale de l'enquête, de nouveaux audios ont été incorporés au dossier judiciaire. Selon La Sourcecertains de ces dossiers ont été demandés par les accusés eux-mêmes et d'autres ont été fournis par le bureau du procureur. Dans l'un d'eux, obtenu à partir d'un téléphone saisi lors d'une autre procédure judiciaire, est mentionnée une réunion de dirigeants liés au mouvement politique Revolución Ciudadana (RC), au cours de laquelle a été discutée la possibilité de soutenir la version de l'un des accusés, Xavier Jordán, selon laquelle l'affaire aurait été « armée » par le parquet.

Ce récit, selon le même rapport, a été réitéré par plusieurs accusés au cours du processus. La publication affirme que lors de cette réunion, il a été proposé de promouvoir publiquement la thèse selon laquelle l'enquête sur l'assassinat avait été artificiellement construite, ce qui coïncide avec les arguments présentés par certains des accusés dans leurs versions contenues dans le dossier.

Verónica Sarauz, veuve de l'ancien candidat

Un autre élément révélé dans les derniers jours de l'enquête concerne la position adoptée par Verónica Sarauz, l'ex-épouse de Villavicencio. Selon le rapport susmentionné, la défense de José Serrano a présenté une lettre qui, selon elle, aurait été remise par Sarauz et qui viendrait étayer le récit des accusés qui soutiennent que l'affaire était « armée ».

La publication souligne également que la performance de Sarauz dans le cadre du processus a fait l'objet de controverses. Pendant plusieurs mois, il a publiquement remis en question l'enquête du parquet, désignant même d'autres personnes comme présumées responsables du crime. Cependant, elle a décidé par la suite de comparaître comme accusatrice privée dans le cadre de la même procédure, en désignant plusieurs des accusés identifiés par le parquet.

Selon le rapport, ces positions contradictoires ont soulevé des questions sur son rôle dans cette affaire. L'information mentionne également que Sarauz s'est remariée en juillet 2024 avec un policier qui avait fait partie de son système de sécurité après l'assassinat de Villavicencio et qui avait été promu par José Serrano lorsqu'il était ministre du Correismo, un fait qui a été révélé publiquement au cours des dernières semaines de l'enquête fiscale.

Amanda Villavicencio et Tamia Villavicencio,

Alors que ces controverses se développaient dans les derniers jours de l'enquête, les filles du candidat assassiné, Amanda et Tamia Villavicencio, ont réaffirmé au passage leur accusation privée et annoncé qu'elles maintiendraient leur position de manière indépendante. Selon les déclarations incluses dans le rapport, tous deux considèrent que les éléments recueillis par le parquet, notamment les témoignages préalables, l'expertise médico-légale et l'analyse des communications, constituent un plan criminel structuré pour commettre l'assassinat.

Les filles de Villavicencio affirment également que l'enquête a permis d'identifier un réseau de coordination entre les différentes parties impliquées, comme en témoignent les enregistrements de communications, l'analyse des appareils électroniques et les métadonnées d'appels qui montreraient la planification et l'exécution progressive de l'attaque.

Selon leur accusation privée, chacun des accusés aurait joué un rôle spécifique au sein de la structure qui a permis l'exécution du crime et sa dissimulation ultérieure. Selon lui, ces éléments démontrent l’existence d’une opération organisée et délibérée.