Le président de l'Équateur, Daniel Noboa, a formellement demandé à l'Assemblée nationale l'autorisation de faire campagne en faveur des questions qui composent la consultation populaire et le référendum convoqués le 16 novembre prochain. La demande est contenue dans une lettre, datée du 5 novembre 2025, adressée au président du corps législatif, Niels Olsen, législateur du parti au pouvoir.
Dans la lettre, le président invoque l'article 146 de la Constitution, qui établit les pouvoirs du Président de la République, ainsi que l'article 42 de la Loi Organique de la Fonction Législative. Sur cette base légale, Noboa demande l'autorisation de s'absenter de ses fonctions exécutives en deux tranches : la première, le vendredi 7 novembre 2025, de 00h01 à 19h00 ; et la seconde, du dimanche 9 novembre au jeudi 13 du même mois.
Les deux périodes font partie du processus électoral au cours duquel les Équatoriens doivent trancher sur huit questions, réparties entre des réformes constitutionnelles et des propositions de consultation populaire, sur des questions telles que la sécurité, la justice, l'économie et la gouvernabilité.

La licence, selon le document envoyé à l'Assemblée, permettra au Président « d'expliquer aux citoyens les motivations et les fondements qui soutiennent la consultation populaire et le référendum, sans encourir aucune infraction électorale ».
Les dispositions du Code de la démocratie et les précédents jurisprudentiels du Tribunal Contentieux Electoral (TCE) ont établi que les pouvoirs publics peuvent participer aux processus de campagne électorale uniquement s'ils utilisent un congé sans solde, ou s'ils agissent en tant que citoyens, sans utiliser de ressources publiques ni interférer dans l'exercice de leurs fonctions.
La demande de l'Exécutif s'inscrit dans une stratégie de promotion active du référendum, dont les questions centrales ont été positionnées dans le cadre du projet politique de « gouvernement ferme » promu par Noboa. La réforme partielle de la Constitution, approuvée par l'Assemblée nationale le 3 juin 2025, a supprimé l'interdiction expresse d'installer des bases militaires étrangères dans le pays, établie à l'article 5. Cet amendement doit être ratifié ou rejeté par référendum.

En outre, des questions sont posées sur le financement public des partis politiques, la réduction du nombre de législateurs et, lors de la consultation populaire, la possibilité d'installer une Assemblée constituante.
Le Conseil national électoral (CNE) a rappelé que les campagnes pour la consultation et le référendum doivent être menées dans la période autorisée, qui s'étend du 1er au 14 novembre 2025. L'intervention des pouvoirs publics est soumise à des restrictions spécifiques et doit respecter les principes d'équité, de transparence et d'utilisation responsable des ressources publiques.
L'Assemblée nationale doit se prononcer sur la licence dans les prochains jours. Même si ce type de permis est généralement approuvé sans obstacles majeurs, le processus n'est pas seulement administratif mais représente une formalité institutionnelle qui renforce les limites entre l'exercice du pouvoir et la compétition électorale.

Pour Noboa, cette campagne représente plus qu'un processus de ratification de propositions : c'est une mesure clé du soutien des citoyens à son projet politique et à sa permanence au pouvoir.
A quelques jours des élections, les Équatoriens sont partagés entre soutien à la gestion du président Daniel Noboa et incertitude quant à la convocation d'une Assemblée constituante. Quatre sondages nationaux menés en octobre reflètent un scénario de soutien fragmenté, de tensions régionales et de vote toujours volatile.
Dans une population frappée par l’insécurité et l’incertitude économique, le vote pourrait être moins idéologique et plus émotionnel. Cela a été analysé par le vérificateur de faits Chèque Équateur qui a déterminé que dans les premiers jours de la campagne électorale, les deux positions – oui et non – ont opté pour des messages qui font principalement appel à la peur.