Un affrontement interne entre une puissante coalition criminelle et un groupe dissident a fait au moins 49 morts à Port-au-Prince, en Haïti, selon des organisations civiles.
Parmi les victimes figuraient au moins 10 enfants recrutés par les gangs et 19 femmes qui accompagnaient leurs partenaires blessés pour obtenir des soins médicaux. Le nombre de morts pourrait s'alourdir, à mesure que les épisodes violents se poursuivent et que l'accès à la zone touchée reste restreint pour les autorités et les organisations humanitaires.
Parmi les morts figurent Dèdè, l'un des chefs de gangs les plus notoires de Bel-Air, décapité pendant le conflit, et Kempes Sanon, un ancien policier et chef du crime, qui, après avoir été blessé, a été démis de ses fonctions et hospitalisé.
La direction du groupe est passée à deux gars nommés Jamesly et Ti Gason. Le groupe Krache Dife, toujours allié de Sanon, entretient des liens avec la coalition Viv Ansanm, désignée par les États-Unis comme organisation terroriste étrangère.
Actuellement, 90 % des quartiers de la capitale haïtienne sont sous le contrôle de bandes armées.

Cette escalade de la violence survient après que, en septembre 2023, plusieurs gangs aient convenu d'une trêve sous l'égide de la coalition Viv Ansanm, ce qui a conduit à une réduction temporaire des affrontements. La rupture interne provoque une nouvelle vague de meurtres, de mutilations et d'incendies criminels.
La population civile, et en particulier les zones marginales, était piégée dans un environnement de violence incessante. Des centaines de personnes sont déplacées et cherchent un abri sans accès à la nourriture ou aux produits essentiels.
À leur tour, les enfants sont recrutés et exploités par des gangs à des fins de surveillance, de messagerie ou pour des missions à risque extrême, sous la menace et la coercition. Les quelques personnes qui parviennent à s’échapper sont confrontées à un déplacement forcé, sont exclues de l’éducation, des soins médicaux et, dans de nombreux cas, n’ont pas accès à l’eau potable ou à la nourriture.

Plus de la moitié de la population, soit près de 12 millions de personnes, est confrontée à une faim aiguë. Selon les organisations de défense des droits humains, Haïti traverse une crise humanitaire et sécuritaire extrêmement grave.
L’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse, en 2021, a laissé le pays sans leadership politique efficace, ouvrant la voie à l’expansion des gangs armés. Le vide du pouvoir et le commerce illégal des armes ont aggravé l’instabilité institutionnelle.

L’escalade criminelle et les attaques armées ont paralysé des zones entières du pays, avec des attaques répétées contre des commissariats de police, des hôpitaux et des infrastructures vitales.
Les enfants, en particulier les mineurs handicapés, souffrent de manière disproportionnée. Ces filles et ces garçons sont confrontés à davantage d'obstacles pour s'échapper et ont moins de possibilités de recevoir une assistance spécialisée, ce qui aggrave la perte de membres de leur famille, l'interruption de leur éducation et un environnement de peur permanent.
En pleine préparation du processus électoral de 2025 et sous un gouvernement de transition, l’insécurité et la violence ne diminuent pas. Les organisations internationales exigent une intervention urgente pour protéger les droits humains et répondre aux besoins les plus immédiats d’une population plongée dans le chaos.
(Avec les informations d'AP)