Le système judiciaire équatorien est confronté à l'un des épisodes les plus délicats de ces dernières années après qu'il a été révélé que Dolores Vintimilla, épouse de Mario Godoy, président du Conseil judiciaire, avait défendu légalement le Serbe Jezdimir Srdan reconnu coupable de blanchiment d'argent et de liens avec le trafic de drogue, tandis que le juge Carlos Serrano, qui a prononcé la sentence, a dénoncé des menaces de mort et a ensuite perdu la protection policière qui lui avait été attribuée. L'affaire a atteint le niveau politique et a conduit à la décision de la séance plénière de l'Assemblée nationale de convoquer à comparaître le chef de l'organisme qui administre le pouvoir judiciaire.
Le scandale est né de la procédure pénale contre le Serbe Srdan, qui a été condamné à dix ans de prison pour des délits liés au blanchiment d'argent, dans le cadre d'une enquête sur les structures du crime organisé aux ramifications internationales.
Lors de l'audience du procès, réalisée par voie électronique depuis un centre de détention, l'accusé a fait un geste qui a été interprété comme une menace directe contre les magistrats qui composaient le tribunal. Quelques jours plus tard, le juge qui a participé au prononcé de la peine a déclaré avoir subi des pressions injustifiées et des menaces de mort.

Les révélations ont pris encore plus de gravité lorsqu'il a été révélé que l'avocate qui avait défendu le citoyen serbe lors de la phase précédente du procès était l'épouse de Godoy, l'actuel président du Conseil judiciaire. La défense aurait eu lieu avant le mariage, mais le lien personnel et la continuité des notifications judiciaires au nom de l'avocat soulèvent des questions sur d'éventuels conflits d'intérêts et sur la nécessité d'une évaluation éthique et institutionnelle du dossier.
Le juge Serrano a déclaré publiquement qu'il avait subi des pressions internes pour modifier sa décision et qu'après avoir signalé ces événements, la sécurité policière qui lui avait été confiée lui avait été retirée, malgré la gravité des menaces reçues. La suppression des mesures de protection, selon les versions officielles, était due à une nouvelle évaluation des risques ; Le magistrat a toutefois soutenu que la décision le laissait dans une situation de vulnérabilité incompatible avec l'exercice indépendant de la fonction judiciaire. Par la suite, il a présenté sa démission irrévocable.
Face à ces faits, le Bureau du Procureur général de l'État a ouvert une enquête préliminaire pour déterminer s'il y avait eu des délits tels que trafic d'influence, intimidation ou entrave à la justice. Parallèlement, des organisations juridiques et des secteurs de la société civile ont averti que cette affaire pourrait créer un précédent négatif dans un contexte marqué par l'expansion du crime organisé et la violence contre les acteurs de la justice.

La dimension politique de l'affaire s'est consolidée ce vendredi, lorsque la Présidence de l'Assemblée a annoncé la convocation de la séance plénière pour discuter de l'apparition de Mario Godoy. Selon le communiqué officiel, le président du Parlement, Niels Olsen, a convoqué les législateurs à une séance dans le but de fixer un délai de huit jours pour que le chef du pouvoir judiciaire puisse comparaître en personne et non délégué devant le Parlement. Ce qui veut dire que sa comparution aura lieu après les festivités de décembre.
L'appel répond, selon le texte, à « la gravité des plaintes liées à des allégations d'ingérence dans l'administration de la justice » et à la nécessité d'exercer le contrôle politique de manière collégiale, légitime et représentative.
La déclaration souligne que la comparution doit se dérouler dans le plein respect de la procédure régulière et du droit à la défense, conformément à l'article 76 de la Constitution, garantissant que le fonctionnaire dispose du temps et des moyens appropriés pour préparer sa réponse et qu'il soit entendu sur un pied d'égalité. Cependant, la présidence de l'Assemblée a souligné l'urgence institutionnelle de l'affaire et la responsabilité du Parlement envers le pays, à un moment de grande sensibilité pour la crédibilité du système judiciaire.