Franco Parisi réalisera une consultation en ligne pour définir s'il soutient Jeannette Jara ou José Antonio Kast lors du second tour chilien

Franco Parisi, leader du Parti populaire (PDG) et troisième candidat le plus voté au premier tour de la présidentielle chilienne, décidera ce dimanche s'il soutiendra Jeannette Jara ou José Antonio Kast au second tour, après une consultation en ligne avec son parti. Le vote interne, qui aura lieu entre 10h00 et 13h00 heure locale, pourrait être décisif dans une compétition marquée par la polarisation et l'incertitude.

Le PDG, dirigé par Parisi depuis 2019, a appelé ses membres à participer à cette consultation numérique pour définir une position commune pour le second tour du 14 décembre. La formation, caractérisée par son discours antipolitique et sa capacité à canaliser le mécontentement des citoyens, cherche à impliquer sa base dans une décision clé, une dynamique sans précédent dans la politique chilienne récente.

Le poids électoral de Parisi et de sa base électorale est devenu le principal centre d'attention des équipes de campagne des deux candidats. Au premier tour, l'économiste de 58 ans a obtenu 19,7% des voix, ce qui équivaut à près de 2,5 millions d'électeurs. Cette tranche, majoritairement masculine, de moins de 45 ans et appartenant à la classe moyenne, est particulièrement concentrée dans les provinces minières du nord, zones touchées par la criminalité et la migration irrégulière. Le slogan de campagne de Parisi, « Ni facho, ni comunacho », et des propositions telles que la suppression de la TVA sur les médicaments ou l'organisation d'un événement massif pour les voitures modifiées, ont consolidé son profil d'outsider et capturé un électorat désenchanté par le gouvernement de Gabriel Boric.

Jara et Kast cherchent à séduire

Le bilan de Parisi lors des précédentes élections ajoute une touche d'incertitude à la situation actuelle. En 2021, le leader du PDG avait créé la surprise en demandant le vote pour Kast au second tour contre Boric, décision alors décisive. Cependant, à cette occasion, Parisi a adopté une position plus prudente et a déclaré qu'« il ne signera de chèque en blanc à personne », ce qui renforce l'attente quant au résultat de la consultation interne et à son impact sur la définition présidentielle.

Les campagnes Kast et Jara ont intensifié leurs stratégies pour obtenir le soutien du PDG et de son électorat. Kast, qui se présente pour la troisième fois à la présidence, a axé son discours sur la sécurité, la migration et l'économie, laissant de côté les polémiques des campagnes précédentes liées aux libertés individuelles et à la défense de la dictature. Parmi ses propositions figurent la fermeture totale des frontières pour la migration irrégulière, le rétablissement du contrôle de l'État dans les prisons et la récupération territoriale.

Pour sa part, Jara dirige la plus large coalition de centre-gauche et de gauche depuis le retour à la démocratie, après avoir ajouté le soutien de la Démocratie chrétienne (DC), même si cette décision a généré des divisions internes et des critiques de la part de personnalités historiques comme l'ancien président Eduardo Frei Ruiz Tagle.

La définition de Parisi pourrait

Dans la dernière ligne droite vers le second tour, la décision de Parisi et du PDG apparaît comme le facteur qui pourrait définir l'orientation politique du Chili. Contrairement aux processus précédents, le leader populiste a choisi de rester prudent et d’éviter tout engagement précoce, ce qui ajoute un élément de suspense à une élection déjà serrée.