La Commission du travail, de la santé et du développement social de l'Assemblée nationale a approuvé le projet de loi qui crée le Conseil national du diabète, établit un registre national des personnes diabétiques, modifie la réglementation en vigueur et établit de nouvelles obligations en matière d'éducation et de financement nutritionnels.
En termes législatifs, l'adoption implique que la commission accepte formellement l'initiative et la transforme en projet de loi pour entamer sa discussion lors du premier débat.
Il faut désormais ouvrir la période de consultation, recevoir les avis des institutions, des syndicats médicaux et des organisations de patients, introduire d'éventuelles modifications et, si elles sont approuvées par la commission, la renvoyer en séance plénière pour un deuxième et un troisième débat.
La proposition, présentée par le député Eduardo Gaitán et soutenue par plusieurs co-parrains, repose sur un diagnostic clair : le Panama est confronté à un lourd fardeau du diabète et manque d'une structure permanente pour évaluer et contrôler les politiques publiques en la matière.
Dans son exposé des motifs, il est indiqué que la maladie touche environ 14% de la population adulte du pays, ce qui équivaut à environ 200 000 personnes, et souligne les difficultés d'accès aux glucomètres, aux médicaments et aux technologies de diagnostic.

L'axe central du projet est la création du Conseil national du diabète en tant qu'organe consultatif rattaché au ministère de la Santé. Selon les articles, ce Conseil aurait des fonctions de coordination interinstitutionnelle, de recommandation technique et d'évaluation des politiques publiques visant à la prévention, au traitement et au contrôle de la maladie.
Il serait composé de représentants du ministère de la Santé, de la Caisse de sécurité sociale, de l'Institut Gorgas Memorial, de l'Université de Panama, du ministère de l'Éducation, d'associations de patients et de syndicats médicaux spécialisés, avec un système de rotation dans le cas des organisations civiles.
Le projet établit également le Registre national des personnes diabétiques, une base de données obligatoire et interopérable gérée par le ministère de la Santé, afin de garantir le suivi clinique, la traçabilité et la planification sanitaire.
Le système doit être interopérable, sécurisé et adapté à la réglementation sur la protection des données personnelles, permettant de suivre l’évolution de la maladie, de mesurer les niveaux de contrôle métabolique, d’identifier les comorbidités et d’enregistrer les complications telles que les rétinopathies, les maladies rénales chroniques ou les amputations.

Grâce à ces informations, l’État devrait améliorer la distribution des médicaments et des fournitures, anticiper la demande de services spécialisés et concevoir des politiques basées sur des données réelles et actualisées, et non sur des estimations fragmentées.
En parallèle, l'initiative modifie la loi 136 de 2020 pour renforcer l'obligation de l'État de promouvoir l'auto-analyse du glucose, mettre à jour les protocoles conformément aux directives internationales et garantir l'approvisionnement continu en médicaments et technologies telles que les pompes à insuline sous-cutanées. De plus, il intègre une formation obligatoire et continue du personnel de santé à la prise en charge globale et psychosociale du diabète.
L’un des volets les plus sensibles concerne l’éducation nutritionnelle et la restriction des boissons sucrées. Le texte interdit la vente, la distribution ou la promotion de ces boissons dans les centres éducatifs publics et privés et intègre obligatoirement l'éducation nutritionnelle et physique dans le programme national dès l'école primaire comme stratégie préventive contre les maladies non transmissibles.
Il renforce également les mécanismes de transparence et de responsabilité concernant l’utilisation de la taxe sur les boissons sucrées, notamment les rapports publics annuels et les auditions sur les responsabilités.

Le projet va plus loin en établissant que le budget général de l'État doit allouer chaque année un montant d'au moins 1% du produit intérieur brut pour l'exécution de la loi et le respect des réglementations y afférentes. Cette disposition ouvre un débat budgétaire pertinent, compte tenu de l’impact qu’aurait une allocation de cette ampleur sur les finances publiques.
Le contexte sanitaire conforte l’inquiétude. Selon des estimations récentes de l'Organisation mondiale de la santé, plus de 830 millions de personnes vivent avec le diabète dans le monde et la maladie est responsable de millions de décès chaque année en raison des complications qui y sont associées.
Dans la Région des Amériques, l'Organisation panaméricaine de la santé a averti que la prévalence continue d'augmenter, en raison du vieillissement de la population, du surpoids, de l'obésité et d'un mode de vie sédentaire. Le diabète de type 2 représente la grande majorité des cas et représente une part importante des dépenses de santé en raison de ses complications chroniques.

Au Panama, le diabète figure parmi les principales causes de morbidité et de mortalité associées aux maladies non transmissibles, aux côtés de l'hypertension et des maladies cardiovasculaires. Les autorités sanitaires ont souligné qu'un mauvais contrôle métabolique alourdit la charge pesant sur les hôpitaux et les programmes d'hémodialyse, ainsi que le coût des médicaments à fort impact budgétaire.
Après approbation, le projet doit passer le premier débat en commission, où des ajustements techniques ou budgétaires pourraient être introduits. S'il obtient un avis favorable, il passera en séance plénière pour un deuxième débat – étape de discussion article par article – puis pour un troisième débat pour approbation finale.
Par la suite, il appartiendra à l’Organe exécutif de le sanctionner ou d’y opposer son veto. La portée du texte, notamment en matière budgétaire et fiscale, laisse présager un débat intense à la chambre.