Le gouvernement de la Bolivie a émis mercredi une alerte épidémiologique préventive en cas d'augmentation possible des infections par la grippe A H3N2, y compris la variante connue sous le nom de sous-clade K, qui jusqu'à présent n'a pas été détectée dans le pays. La mesure vise à anticiper un éventuel impact sur le système de santé et à éviter sa surcharge.
La ministre de la Santé, Marcela Flores, a expliqué que la décision s'inscrit dans une approche anticipative en matière de santé. « L'alerte sanitaire répond à une stratégie que l'on appelle en épidémiologie la gestion proactive des risques (…) Nous n'attendons pas qu'il y ait une crise sanitaire, mais nous anticipons toute situation », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à La Paz.
Le responsable a ajouté que la déclaration renforcera la capacité de réponse du personnel médical, en facilitant l'identification précoce des symptômes et en donnant la priorité aux soins des secteurs les plus vulnérables, comme les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies préexistantes. De même, il a indiqué que l'alerte « permet de rationaliser les canaux logistiques pour assurer l'approvisionnement en fournitures, médicaments et réactifs dans le pays », en plus de réduire d'éventuelles complications cliniques.
Flores a précisé que la sous-clade K de la grippe A H3N2 ne présente pas une plus grande létalité par rapport aux autres variantes du virus qui circulent depuis 2006, mais montre une augmentation de son niveau de transmissibilité. « Cette variante est légèrement plus contagieuse, elle peut exercer une plus grande pression sur le système de santé et c'est le but de l'alerte sanitaire : que tous les professionnels soient prêts à une éventuelle augmentation des cas », a-t-il déclaré.

Le ministre a précisé qu'aucun cas de cette variante n'a été enregistré en Bolivie et que, jusqu'à présent cette année, seulement 27 infections à la grippe A H3N2 ont été confirmées. Cependant, il a soutenu que l'alerte répond à l'expérience internationale, où l'expansion de la sous-clade K a provoqué la saturation des services hospitaliers.
Lundi, le Pérou a signalé deux cas chez des mineurs, les premiers cas confirmés de grippe A H3N2 sous-clade K dans ce pays, ce qui a conduit à l'activation de protocoles de surveillance, de diagnostic et de suivi pour contenir sa propagation. Dans ce contexte, l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a recommandé la semaine dernière de renforcer la surveillance épidémiologique et de promouvoir la vaccination, notamment chez les personnes âgées et les personnes présentant des facteurs de risque.
L'OPS a également mis en garde contre une augmentation des infections associées à ce variant en Europe, dans plusieurs pays d'Asie, ainsi qu'aux États-Unis et au Canada. Dans ce contexte, le ministre a indiqué que la Bolivie intensifierait les mesures préventives dans les aéroports et aux postes frontaliers, compte tenu de l'augmentation des revenus des étrangers pendant les vacances de fin d'année.

La déclaration d'alerte épidémiologique implique les mesures suivantes :
1. Augmenter les contrôles sanitaires aux points d'entrée dans le pays et dans les espaces identifiés comme présentant un risque de contagion plus élevé, ainsi que la surveillance épidémiologique sur tout le territoire national.
2.- Mettre le système national de santé en alerte opérationnelle, avec des protocoles activés, un suivi permanent des cas et une priorisation dans la prise en charge des groupes vulnérables.
3.- Rationaliser les canaux logistiques pour assurer l'approvisionnement en fournitures, médicaments et réactifs dans les centres de santé.
4.- Générer des campagnes d'information pour l'application de mesures préventives, en soulignant qu'il s'agit d'une maladie qui peut être prévenue grâce à la vaccination contre la grippe.
5.- Réaliser des démarches pour augmenter le stock de vaccins dans les centres de santé.