La CIDH a affirmé que 2025 était l’année où un « régime dictatorial » s’est consolidé au Venezuela

La Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a affirmé que 2025 représentait l'année où un « régime dictatorial » s'est consolidé au Venezuela.

Selon l'organisation, Nicolás Maduro est resté au pouvoir « sans légitimité démocratique » après un processus électoral marqué par « des allégations généralisées de fraude » et de « graves violations des droits humains ».

Dans son rapport annuel publié jeudi, la CIDH souligne que l'investiture de Maduro en janvier 2025 constitue « un tournant dans l'histoire politique du Venezuela ».

Le rapport indique que le Conseil national électoral (CNE) a proclamé Maduro vainqueur des élections présidentielles de 2024, sans pour autant publier les résultats des votes prévus dans le calendrier, ce qui a suscité des plaintes pour manque de transparence.

La Commission a affirmé qu'elle ne pouvait pas reconnaître ces élections comme légitimes d'un point de vue démocratique, en raison de « l'opacité électorale, de graves allégations de fraude et de restrictions systématiques des droits politiques ».

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« De telles circonstances reflètent l'utilisation d'un processus électoral déguisé pour projeter une fausse apparence de démocratie, ainsi que l'absence de conditions minimales pour l'exercice effectif des droits politiques au Venezuela », indique le rapport.

Le document souligne également qu'en 2025, ni le parquet ni le pouvoir judiciaire n'ont enquêté, poursuivi ou sanctionné les « meurtres, traitements cruels, inhumains ou dégradants, détentions arbitraires et violations des procédures régulières » liés au processus électoral de 2024 et à la crise politique qui a suivi.

« En 2025, les forces de sécurité de l'État ont intensifié la détention arbitraire d'étrangers et de personnes ayant la double nationalité, dans le but apparent de les utiliser comme objet d'échange pour des personnes de nationalité vénézuélienne privées de liberté à l'étranger », souligne la CIDH.

L’État vénézuélien n’a également fourni « aucune information sur les progrès réalisés dans les enquêtes, les poursuites et les sanctions concernant les graves violations des droits de l’homme survenues dans le contexte électoral ». Le rapport détaille que 28 meurtres, 195 blessés et 2 229 arrestations ont été enregistrés, dont 158 ​​adolescents.

Une manifestation de Vénézuéliens après les élections présidentielles de 2024 (EFE/Carlos Lemos/File)

La CIDH met en garde contre la difficulté d'accéder à des données vérifiables sur la situation des droits de l'homme au Venezuela, en raison de l'opacité de l'information et du manque de transparence des institutions publiques.

« Les informations 'officielles' disponibles sont rares, fragmentaires et, dans de nombreux cas, manquent de crédibilité, répondant à des objectifs de propagande de l'État plutôt qu'à des critères de responsabilité », ajoute le rapport.

Sur la base de ces éléments, la CIDH a conclu qu’un « régime dictatorial » s’était établi au Venezuela, suite à l’effondrement des droits de l’homme, de la démocratie et de l’État de droit, résultat de la « cooptation des pouvoirs publics » et de « l’effondrement de l’ordre constitutionnel ».

L’organisation a exhorté le Venezuela à adopter des « mesures institutionnelles urgentes » pour « revenir à la démocratie et à l’État de droit » et garantir une « succession constitutionnelle légitime et pacifique » qui reflète la « volonté » des Vénézuéliens exprimée lors des élections présidentielles, au cours desquelles la plus grande coalition d’opposition affirme que son candidat, Edmundo González Urrutia, a battu Maduro.

Le rapport a été approuvé le 17 décembre 2025 et le 20 janvier 2026, une copie a été envoyée à l'État vénézuélien. La CIDH a indiqué que le gouvernement dirigé par Delcy Rodríguez, qui a pris le pouvoir après la capture de Maduro, n'a pas présenté d'observations sur la question.