La situation de Nélida del Rosario Sánchez Oropeza, défenseuse des droits humains et coordinatrice nationale de formation de l'ONG Súmate, a atteint un point critique après plus de 500 jours de détention au centre de détention d'El Helicoide. Sa famille, à travers une déclaration à l'opinion publique internationale, a exigé la libération immédiate de Sánchez, mettant en garde contre la grave aggravation de son état de santé et dénonçant le manque de soins médicaux adéquats, ainsi que les conditions dégradantes de sa détention.
Parmi les principales demandes, la famille a demandé l'intervention urgente des organisations internationales, des gouvernements démocratiques et des organisations de défense des droits de l'homme pour gérer la libération du militant. Ils ont tenu l'État vénézuélien pour responsable de toute détérioration de l'état de santé de Sánchez, dont ils considéraient la privation de liberté comme injustifiée. Le communiqué souligne l'impact dévastateur que cette situation a eu sur leur environnement familial, en particulier pour leurs parents, âgés de 96 et 79 ans, et pour leurs filles, qui ont déclaré avoir souffert de l'absence de leur mère à des moments importants, notamment la remise des diplômes et les adieux familiaux.
La plainte indique que Sánchez souffre d'asthme, d'hypertension artérielle, de fibromyalgie, d'insuffisance veineuse profonde et d'antécédents de thrombose veineuse profonde, en plus d'un diagnostic de syndrome de stress post-traumatique et de dépression posé par le personnel médical du Service national de renseignement bolivarien (SEBIN). En mai 2025, un chirurgien cardiovasculaire de cette organisation a recommandé de réaliser une saphénectomie urgente afin de prévenir de nouveaux épisodes de thrombose. Malgré le sérieux exprimé par le spécialiste, l’intervention n’a pas été réalisée. De plus, Sánchez n'a jamais été évaluée par un cardiologue, même si elle présentait une cardiomégalie et des complications liées à son hypertension.
Durant son confinement à El Helicoide, la militante a connu des crises de fibromyalgie, des infections urinaires, des épisodes de diarrhée accompagnés de déshydratation et des infections respiratoires, sans que le SEBIN ne garantisse l'accès aux soins spécialisés nécessaires. Selon ses proches, il leur a été refusé la possibilité d'être soignée par des médecins externes et de demander une évaluation au Service national de médecine légale (SENAMECF).
Concernant les conditions de détention, le communiqué décrit une cellule de 12 mètres sur 3 mètres, sans fenêtres, sans lumière naturelle ni ventilation, que Sánchez partage avec trois autres personnes. Durant toute cette période, il est resté des semaines complètes sans exposition au soleil en raison du règlement administratif interne du SEBIN. En outre, la famille accuse l'existence de torture psychologique : menaces dirigées contre leurs filles, manipulation émotionnelle, périodes d'isolement prolongées et interdiction de contact avec leur unique sœur et neveu pendant des mois.
Concernant le processus judiciaire, les filles de Sánchez ont dénoncé que le dossier est vicié en raison du manque d'accès et de la falsification des preuves. Ils ont également indiqué l'impossibilité d'avoir une défense privée. La famille a rappelé que le juge Ángel Betancourt et le procureur chargé de l'affaire ont été arrêtés pour corruption puis relâchés, mais le cas de Sánchez n'a pas été réexaminé. La situation est d’autant plus inexplicable que Sánchez partage le cas avec sept autres personnes – toutes des hommes et quelques personnalités politiques – qui ont déjà retrouvé leur liberté.
Dans la déclaration, la famille a lancé un appel explicite aux autorités, en particulier au gouvernement vénézuélien dirigé par Delcy Rodríguez, exigeant : « Libérez une mère altruiste qui n'a fait que construire une famille et un avenir ».