Le gouvernement suisse a bloqué 687 millions de francs suisses (environ 880 millions de dollars) d'actifs associés au dictateur de la drogue vénézuélien Nicolás Maduro et à son entourage, à titre préventif, pour empêcher la fuite de fonds après la capture de l'ancien leader chaviste le 3 janvier.
Le Conseil fédéral suisse a adopté cette mesure après l'arrestation de Maduro à Caracas et son transfert aux États-Unis, où il fait face à des accusations de trafic de drogue et de corruption.
La décision vise à protéger le système financier suisse et à empêcher que des ressources provenant d'activités illicites ne s'échappent du pays.

Selon le ministère des Affaires étrangères, le gel concerne des fonds appartenant à 21 des 37 personnes identifiées dans l'ordonnance suisse sur le Venezuela, bien que les autorités n'aient pas révélé l'identité des détenteurs pour des raisons juridiques.
La réglementation qui soutient le blocage de ces avoirs est la Loi fédérale sur le gel et la restitution des avoirs illicites en possession de personnes politiquement exposées à l'étranger (FIAA). La Suisse a souligné que les fonds resteraient bloqués jusqu'à ce que les enquêtes déterminent leur origine.
S'il est confirmé qu'ils ont été obtenus de manière irrégulière, le gouvernement suisse a assuré qu'il chercherait à les restituer pour le bénéfice du peuple vénézuélien.
Cette mesure s’ajoute aux sanctions imposées depuis 2018 en vertu de la loi sur l’embargo, qui prévoyait déjà des restrictions sur les comptes et les actifs liés aux hauts fonctionnaires et entités du régime chaviste.

Cependant, le gel annoncé en janvier cible des personnes qui ne figuraient pas auparavant sur les listes de sanctions, élargissant ainsi la portée et l'efficacité des mesures suisses.
Les deux tiers des fonds gelés faisaient déjà l'objet de poursuites pénales en Suisse avant l'application de l'ordonnance spécifique au Venezuela.
Le reste, soit quelque 239 millions de francs suisses, a été bloqué dès l'entrée en vigueur du nouveau règlement.
Le Conseil fédéral a précisé que cette mesure ne concerne pas les membres de l'actuel régime chaviste dirigé par Delcy Rodríguez, qui a pris le pouvoir après l'arrestation de Maduro. La liste des personnes sanctionnées se concentre sur les proches du dictateur renversé et les personnalités de son administration tombées en disgrâce après le changement de pouvoir à Caracas.

Les autorités suisses ont souligné que le changement de gouvernement au Venezuela permet le réexamen et le rapatriement éventuel des avoirs mal acquis, sans que les circonstances juridiques internationales ne soient déterminantes pour l'application de la FIAA.
L'objectif principal est d'empêcher que l'argent provenant de la corruption ne quitte le pays et de garantir que, si leur origine illicite est prouvée, ces fonds puissent être restitués au Venezuela sous contrôle international.
La Suisse a confirmé sa volonté d'agir avec rigueur contre les tentatives de dissimulation des richesses obtenues illégalement par des régimes autoritaires, comme le Venezuela, et réaffirme son engagement en faveur de la transparence, de la légalité et de la lutte mondiale contre le blanchiment d'argent.