La violence psychologique sera punie jusqu'à huit ans de prison après une réforme juridique au Panama

L'Assemblée nationale du Panama a approuvé lors du troisième débat le projet de loi 278, qui réforme le Code pénal pour étendre les sanctions en cas de violence psychologique, en établissant des peines de cinq à huit ans de prison contre ceux qui commettent ce crime, sans distinction de sexe ou d'âge de la victime.

Avec cette décision, le Parlement a modifié l'article 138-A de la loi 14 de 2007, qui jusqu'à présent appliquait des sanctions principalement lorsque la victime était une femme, laissant de côté les hommes et les mineurs qui subissaient également ce type d'agressions.

La nouvelle norme établit que la violence psychologique est subie par quiconque, par des menaces, des intimidations, du chantage, des persécutions ou du harcèlement, force une autre personne à faire ou à cesser de faire quelque chose, tolère l'exploitation, se soumet à l'humiliation, à l'isolement ou à des exigences d'obéissance et de soumission.

Le texte approuvé indique que ces comportements constituent un crime contre la vie et l'intégrité personnelle, même en l'absence d'agression physique directe, reconnaissant l'impact que les dommages émotionnels et mentaux peuvent avoir sur les victimes.

Par ailleurs, la loi prévoit que, si le comportement provoque des dommages psychologiques avérés, la peine peut être portée du tiers à la moitié du maximum prévu, renforçant ainsi le caractère dissuasif de la sanction.

La séance plénière de l'Assemblée

Le projet a été promu par le député Luis Eduardo Camacho, qui a affirmé lors du débat que la législation précédente laissait les hommes et les garçons victimes de violence émotionnelle dans une position vulnérable, dans un contexte marqué par une culture patriarcale et sexiste.

Camacho a soutenu que de nombreux hommes victimes d'attaques psychologiques choisissent de garder le silence par peur de la stigmatisation sociale, du ridicule ou de la honte, ce qui rend difficile le signalement et perpétue les abus.

« Nous devons travailler pour que le genre masculin comprenne que le reportage ne lui enlève pas sa virilité ou sa dignité », a déclaré le député lors du soutien au projet, tel qu'il est consigné dans le procès-verbal législatif.

Dans son exposé des motifs, le promoteur a souligné que la violence n'est pas un phénomène exclusif de genre, mais plutôt un problème qui touche les femmes, les hommes et les enfants, et qui doit être abordé dans une perspective inclusive et respectueuse des droits de la personne.

La loi inclut les menaces, le chantage,

L'initiative a reçu le soutien majoritaire de la séance plénière, avec 45 voix pour, une contre et une abstention, reflétant un large consensus politique sur la nécessité de mettre à jour le cadre juridique.

D'un point de vue institutionnel, la réforme vise à renforcer la capacité du ministère public à enquêter et à poursuivre les cas de violence psychologique, sans dépendre du profil de la victime.

Il fournit également de meilleurs outils au pouvoir judiciaire pour classer correctement ces comportements, qui dans de nombreux cas ont été traités comme des délits mineurs ou ont été laissés sans sanction efficace.

Les organisations internationales ont averti que la violence psychologique peut avoir des effets aussi graves que la violence physique, notamment la dépression, l'anxiété, l'isolement social, la perte d'estime de soi et, dans les cas extrêmes, le risque de suicide.

Les organisations internationales de santé mettent en garde

L'Organisation mondiale de la santé a indiqué que la violence psychologique constitue une forme de violence structurelle, ayant des conséquences durables sur la santé mentale et le développement personnel.

Au Panama, les spécialistes de la santé mentale ont insisté sur le fait que ce type d'agression est généralement invisible, persistant et difficile à prouver, ce qui a historiquement limité l'accès des victimes à la justice.

La réforme vise à combler cette lacune, en reconnaissant légalement que les dommages psychologiques violent également les droits fondamentaux.

Le projet 278 a été présenté en mars 2025 et analysé par la Commission du gouvernement, de la justice et des affaires constitutionnelles, qui a recommandé son approbation après avoir évalué sa viabilité juridique.

Le rapport de la commission souligne que l'initiative promeut l'égalité devant la loi et contribue à démanteler les stéréotypes qui minimisent certaines formes de violence.

Avec l'approbation lors du troisième débat, la norme attend seulement sa sanction et sa promulgation par l'Exécutif pour entrer en vigueur.

Les autorités espèrent que la réforme contribuera à réduire l’impunité, à renforcer la culture du signalement et à envoyer un message clair de tolérance zéro à l’égard des violences psychologiques.

Pour les organisations de défense des droits humains, le défi sera désormais de garantir que le système judiciaire dispose de suffisamment de formation et de ressources pour appliquer efficacement la loi.