Les problèmes d'approvisionnement en eau potable continuent d'être l'une des principales plaintes de la population panaméenne, même dans les secteurs situés à proximité de la principale station d'épuration des eaux du pays, Chilibre.
À cela s’ajoutent des épisodes de pollution des rivières qui ont affecté l’approvisionnement dans des régions productives comme Azuero, où se concentrent les provinces de Herrera et Los Santos.
Le désaccord persiste malgré le fait que le budget recommandé pour l’IDAAN en 2026 s’élève à 358,85 millions de dollars – 202,99 millions de dollars pour l’investissement dans des projets d’eau et d’assainissement et 155,86 millions de dollars pour le fonctionnement – un volume de ressources qui ne se reflète pas, selon la perception des citoyens, dans un service stable.
Face à ce scénario, l'Assemblée nationale, l'organe législatif du pays chargé de superviser l'exécutif, a décidé de convoquer le directeur de l'entité, Rutilio Villareal, pour qu'il soit tenu publiquement responsable.
Le questionnaire approuvé par les députés couvre tout, depuis la planification institutionnelle jusqu'au service aux utilisateurs.
En termes de gestion et de vision stratégique, il est demandé au directeur de détailler les objectifs mesurables de l'IDAAN pour les années 2024 et 2025, de les comparer avec ce qui a été réellement exécuté et d'expliquer quels engagements étaient en suspens.
Des informations sont également demandées sur le nombre de systèmes d'aqueduc qui fonctionnent dans des conditions optimales et s'il existe une carte nationale actualisée des risques liés à l'eau permettant d'anticiper les crises d'approvisionnement.
Un autre élément clé se concentre sur la continuité du service. Les députés veulent savoir quel pourcentage de la population reçoit de l'eau potable en continu 24 heures sur 24, quelles sont les dix zones où les interruptions sont les plus fréquentes et combien de systèmes présentent des problèmes récurrents de turbidité, de pression ou de potabilité.
La fréquence des contrôles de qualité de l'eau et la question de savoir si les résultats sont publics sont également remises en question, au milieu des plaintes des citoyens concernant la consommation d'eau prétendument contaminée.
L’efficacité opérationnelle occupe une place centrale dans la citation. La séance plénière législative exige des données précises sur le niveau de l'eau non facturée – pertes techniques et commerciales -, combien cela coûte à l'État chaque année et quels projets spécifiques existent pour réduire ces pertes.

De même, on demande combien de compteurs sont inopérants ou n'ont pas encore été installés, thème récurrent dans les audits et diagnostics du secteur.
Dans le volet infrastructures, les députés demandent des informations sur le nombre de stations d'épuration qui fonctionnent au-delà de leur durée d'utilité, le budget alloué à l'entretien préventif versus l'entretien correctif et le nombre de pannes majeures enregistrées au cours des deux dernières années.
Il est également demandé d'expliquer quels projets ont subi des retards et, directement, si l'IDAAN est en réelle capacité à fournir de l'eau potable à la population et, dans le cas contraire, ce qui est nécessaire pour y parvenir.
L’assignation à comparaître met également l’accent sur l’embauche et la transparence. Le directeur doit détailler les contrats en cours, les montants, les modalités d'attribution et les fournisseurs, y compris le pourcentage attribué dans le cadre de procédures exceptionnelles.

En outre, on se demande combien de contrats nécessitent des avenants et si ces informations sont publiées de manière proactive pour la connaissance du public.
La composante humaine et de gouvernance n’est pas en reste. Le questionnaire demande des chiffres de paie actualisés, le ratio entre le personnel technique et administratif, les audits internes ou externes récents et les sanctions appliquées en cas de négligence ou de mauvaise gestion.
À cela s'ajoutent des plaintes internes pour non-respect des augmentations de salaire établies dans les résolutions en vigueur, l'absence de plan de retraite de remplacement générationnel et les conditions de travail telles que les uniformes et les équipements dans les laboratoires.
Enfin, les députés exigent des réponses sur le service aux usagers, le nombre de plaintes formelles reçues en 2024 et 2025, les délais de réponse et les mécanismes pour donner un suivi efficace aux plaintes.

Sont également étudiés le paiement des camions-citernes, les plans d'urgence pour les sécheresses et les inondations et les engagements spécifiques que le directeur de l'IDAAN assumera envers le pays au cours des 12 prochains mois.
Cette apparition cherche à marquer un tournant dans la relation entre IDAAN et les usagers, dans un pays où l'accès à l'eau potable reste un problème structurel.
Pour l'Assemblée nationale, au-delà des explications générales, l'objectif est d'obtenir des délais, des chiffres et des responsabilités clairs sur une question qui affecte directement la qualité de vie et l'activité économique du Panama.