L'Assemblée législative reçoit une proposition de réforme pour permettre la réélection consécutive au Costa Rica

La présentation d'une réforme constitutionnelle qui permettrait une réélection présidentielle consécutive au Costa Rica a relancé le débat sur les limites du pouvoir dans ce pays d'Amérique centrale.

La députée indépendante proche du parti au pouvoir, Leslye Bojorges, a annoncé cette initiative avec 10 collègues, avec l'objectif déclaré de « donner une continuité aux gouvernements qui réussissent », comme l'a diffusé une vidéo publiée sur leurs réseaux.

Actuellement, la Constitution politique du Costa Rica empêche un président d'être réélu immédiatement : il doit attendre huit ans après son mandat pour se présenter à nouveau.

Bojorges a remis en question cette restriction et a proposé d'autoriser « une seule réélection consécutive », garantissant qu'« aucun Costaricain ne pourra être président du pays plus de deux fois ». Le député a insisté sur le fait que la proposition « ne met pas la démocratie en danger, mais la renforce ».

Cette proposition intervient à un moment marqué par une forte popularité du président Rodrigo Chaves, dont le mandat s'achèvera le 8 mai.

La discussion sur la possibilité d'une réélection immédiate – une question qui avait été reléguée depuis la décision de la Chambre constitutionnelle en 2003 – a été reprise par le parti au pouvoir, porté par le soutien populaire à Chaves.

Le président du Costa Rica,

En 1969, une réforme constitutionnelle interdit toute réélection présidentielle. Des décennies plus tard, la Cour constitutionnelle a annulé ce changement mais a maintenu l’interdiction de réélection consécutive, exigeant une période de huit ans entre les mandats. Aujourd’hui, le parti au pouvoir cherche à modifier à nouveau ce cadre juridique.

La représentante officielle Pilar Cisneros, proche du président, a accompagné Bojorges dans la présentation du projet et a qualifié « d'acte de suprême hypocrisie » le fait que la loi autorise la réélection, mais seulement après huit ans. Cisneros a soutenu que « dans toutes les démocraties solides et matures du monde, ou dans la grande majorité, une réélection consécutive peut avoir lieu ».

Le scénario politique prévoit un changement de commandement : Laura Fernández, ministre de la Présidence et « héritière » politique de Chaves, assumera la direction de l'État le 8 mai après sa victoire au premier tour des élections. Fernández a exprimé son souhait que Chaves reste à un poste élevé, comme celui de ministre de la Présidence, au cours de son futur gouvernement.

La composition actuelle du Congrès représente un défi pour l'initiative. Le parti au pouvoir ne compte que huit députés, ce qui rend difficile l'obtention des 38 voix nécessaires – les deux tiers de l'assemblée – pour approuver une réforme constitutionnelle.

Cependant, la prochaine législature promet un panorama différent : Fernández aura 31 législateurs pro-gouvernementaux, il lui faudra donc ajouter sept soutiens de l'opposition pour faire avancer la réforme.

Le processus de réforme se heurte à des obstacles institutionnels et politiques. La Constitution exige deux débats législatifs et une majorité qualifiée à chaque fois. Par ailleurs, le débat sur la continuité du pouvoir touche une corde sensible dans la démocratie costaricienne, qui a historiquement privilégié l’alternance et limité strictement le mandat présidentiel.

Le processus de réforme

Le parti au pouvoir parie sur un contexte de forte popularité présidentielle et sur l’attente d’un banc parlementaire solide pour promouvoir le changement.

Pendant ce temps, le débat public s'intensifie sur les réseaux sociaux et dans les médias, avec des opinions divisées sur les risques et les opportunités d'ouvrir la porte à une réélection consécutive dans le pays.