Le Commandement Sud des États-Unis applique des restrictions aux congés de son personnel pendant les vacances de Thanksgiving et de Noël, en prévision d'éventuelles opérations terrestres dans les dix jours à deux semaines, selon la journaliste Kellie Meyer, correspondante du réseau. ActualitésNation à la Maison Blanche. Cette décision s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes dans la mer des Caraïbes, où les États-Unis maintiennent l'une des plus grandes présences militaires dans la région depuis la guerre du Golfe, à la suite des récentes mesures contre le régime de Nicolas Maduro au Venezuela.
La situation s’est intensifiée ce lundi, lorsque le Département d’État américain a officiellement désigné le Cartel des Soleils – qu’il relie à Maduro et à de hauts responsables vénézuéliens – comme organisation terroriste étrangère, une mesure qui permet d’étendre les sanctions juridiques et financières contre le président vénézuélien. Washington affirme que le cartel opère avec le soutien de l’État vénézuélien et décrit Maduro comme le chef d’un « gang narcoterroriste ».
En réponse à ces allégations, le déploiement militaire américain dans les Caraïbes s’est intensifié grâce à l’opération Southern Spear, commandée par le Southern Command. Cette opération, officiellement axée sur la lutte contre le trafic de drogue et la protection des États-Unis contre l'entrée de drogue, vise également à faire pression sur le régime de Maduro, considéré par Washington comme illégitime et associé à des activités illicites. Le dispositif comprend le porte-avions USS Gerald R. Ford, des destroyers, des sous-marins nucléaires, des bombardiers B-52, des chasseurs F-35 et près de 12 000 soldats répartis sur une douzaine de navires. En outre, des exercices de tir réel et des manœuvres conjointes ont été menés avec des alliés tels que Trinité-et-Tobago et Porto Rico. Le Commandement Sud a indiqué que l'hémisphère occidental constitue le « voisinage » des États-Unis et qu'il le protégera des menaces telles que le trafic de drogue et le terrorisme.

Face à cette escalade, la dictature chaviste a ordonné une « veille permanente » et le déploiement de forces civiles, militaires et policières dans plusieurs États côtiers du Venezuela, notamment à l’est du pays. Caracas interprète la présence militaire américaine accrue comme une menace directe et a renforcé la défense de ses côtes avec des exercices militaires, des missiles et la mobilisation de milices civiles. Les responsables vénézuéliens accusent Washington de tenter un changement de régime sous prétexte de lutter contre le trafic de drogue.
Le président américain Donald Trump a déclaré qu'il avait déjà pris une décision concernant le Venezuela, même s'il n'a pas précisé publiquement s'il y aurait une action militaire directe, utilisant l'ambiguïté comme outil de pression. Parallèlement, la possibilité d'une escalade suscite des inquiétudes dans la région, compte tenu de la combinaison d'exercices militaires, d'accusations croisées et d'une alerte maximale sur les deux rives des Caraïbes.