L'organisation vénézuélienne de défense des droits humains Foro Penal a demandé une amnistie générale pour les 863 prisonniers politiques qui, selon ses archives, sont toujours détenus au Venezuela. La demande a été formulée après la capture de Nicolas Maduro par les États-Unis et souligne la libération immédiate des personnes emprisonnées ou persécutées pour des raisons politiques comme un premier geste pour décompresser la crise institutionnelle.
« Une amnistie générale pour la liberté des prisonniers politiques serait aujourd'hui un geste important pour unifier la population vénézuélienne, évidemment sans garantir l'impunité pour les crimes contre l'humanité », a déclaré Alfredo Romero, directeur de l'ONG, dans un message publié sur son compte X. Romero souligne que le Forum pénal « est prêt à apporter ce qui est nécessaire à cet égard ».
Romero a soutenu qu’une amnistie générale enverrait un signal clair de détente à une époque d’extrême incertitude politique. Comme il l'a expliqué, la mesure devrait viser exclusivement les cas de persécution politique et n'impliquerait en aucun cas de garantir l'impunité pour les crimes contre l'humanité.
Romero a affirmé que Foro Penal est disposé à fournir des informations techniques et des listes vérifiées pour faciliter un éventuel processus de libération, basé sur des critères juridiques et des droits de l'homme.

Le vice-président de l'ONG, Gonzalo Himiob, s'est exprimé dans le même sens, estimant qu'une amnistie générale et complète devrait être la première étape si l'on cherche à transmettre des gestes de changement « forts et sérieux ». Selon lui, la libération devrait avoir lieu immédiatement, sans conditions ni mécanismes limitant sa portée effective.
Himiob a également libéré le dernier bilan des prisonniers pour raisons politiques au Venezuela, qui s'élève à un total de 863 personnes. Selon les données recueillies par Foro Penal, ce chiffre inclut 106 femmes, dont Sofía Sahagún et Emirlendris Benítez, dont les cas ont été signalés à plusieurs reprises par les organisations de défense des droits humains.
Le registre comprend également neuf défenseurs des droits humains détenus, tels que Javier Tarazona et Kennedy Tejeda, ainsi que 86 citoyens étrangers de différentes nationalités, dont Yevhenii Trush et Angelique Corneille. Selon l'ONG, nombre de ces cas présentent des irrégularités de procédure, des arrestations sans ordonnance du tribunal ou des détentions préventives prolongées.
Un autre groupe pertinent de la liste correspond à 176 militaires privés de liberté, parmi lesquels se trouvent des officiers de différents grades, comme Igbert Marín, et au moins un adolescent identifié avec les initiales GR Foro Penal affirme que ces arrestations font partie d'un schéma de persécution politique au sein des forces armées et d'utilisation du système pénal comme outil de contrôle interne.

La demande d'amnistie intervient après que Foro Penal a fait état, vendredi dernier, de la libération de 44 prisonniers politiques, dont 42 hommes et deux femmes. Ces libérations s'ajoutent aux 61 autres enregistrées le 29 décembre, même si l'organisation a averti que beaucoup d'entre elles ont été effectuées sous des mesures restrictives, telles que des régimes de présentation ou des interdictions de quitter le pays.
Depuis des années, des organisations internationales telles que les Nations Unies et la Commission interaméricaine des droits de l'homme ont documenté des détentions arbitraires, des actes de torture et des violations des procédures régulières au Venezuela. Foro Penal a été l'une des principales sources de ces rapports, sur la base d'un travail de vérification soutenu au cas par cas.
Dans ce contexte, l'ONG insiste sur le fait qu'une amnistie générale pour les prisonniers politiques et les personnes persécutées ne résoudrait pas à elle seule la crise vénézuélienne, mais qu'elle pourrait marquer un tournant sur le plan humanitaire et politique. Le débat sur sa viabilité revient désormais sur le devant de la scène, dans un scénario de transition incertain et avec la situation des détenus comme l'un des principaux tests de toute tentative de recomposition institutionnelle.